Pierre Rodrigue, ancien vice-président chez Bell et figure du « Québec Inc. » et de la culture, est l'invité de Patrick Lagacé, vendredi, afin de commenter les défis monumentaux auxquels font face les industries culturelles québécoises devant la domination des GAFAM et de Netflix entre autres.
Le contraste est frappant : alors que des séries mondiales comme Stranger Things disposent de budgets atteignant 50 millions de dollars par épisode, la production québécoise moyenne oscille autour de 500 000 $.
L'ex-gestionnaire souligne que malgré cette asymétrie, le Québec a prouvé son excellence avec des succès comme Les filles de Caleb ou Omertà, mais il craint que l'on ne puisse plus maintenir cette qualité avec des budgets aussi restreints.
L'entretien porte également sur la loi affirmant la souveraineté culturelle du Québec, piloté par le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, qui vise notamment à imposer des obligations de découvrabilité et des quotas de contenu francophone sur les plateformes numériques.
«Je pense que le temps où un territoire comme le Québec, un peuple comme le Québec, peut mettre à genou des industries, est révolue parce que ces industries-là sont tellement puissantes [...] Le Québec seul, c'est impossible [...] Sa seule voie de passage est de faire partie d'un regroupement d'une coalition, notamment avec les Européens.»