Depuis quelques jours, les rumeurs d'ingérence américaine alimentent la campagne électorale du Québec.
Tout a démarré avec la diffusion, le 12 septembre par la CAQ, de textes issus d'un groupe de réflexion américain («Dark») à des journalistes pour tenter d'influencer la couverture médiatique. Pourtant, les journalistes avaient jugé que ces textes n'étaient pas des preuves d'ingérence...
Le vendredi suivant, le 19 septembre, Christine Fréchette a publiquement qualifié la situation de «très grave», avant de tempérer son discours plus tard dans la journée.
Pourquoi des opinions de blogueurs, d'abord utilisées comme stratégie de communication politique le 12 septembre, sont-elles soudainement devenues un enjeu de sécurité nationale, quelques jours plus tard?
Écoutez le journaliste d'enquête de Radio-Canada, Thomas Gerbet, faire le point, lundi à Lagacé le matin.
«Qu'est-ce qui fait que c'est devenu soudainement, dix jours plus tard, un enjeu de sécurité nationale?»
Ian Lafrenière, ministre sortant de la Sécurité intérieure, reconnaît au micro de Patrick Lagacé qu'il s'agissait d'une «mauvaise initiative» stratégique et d'un «spin» politique de son équipe, mais il assure qu'aucune menace directe ne pèse sur la légitimité du scrutin.
Il réitère toutefois l'importance de rester vigilant face aux risques d'ingérence étrangère.
«Est-ce que c'est une initiative qui a été prise par quelqu'un pour spinner? Je le crois. Est-ce qu'on a mis en place des mesures pour être sûr que ça n'arrive plus? Je vous le confirme.»