Le professeur Normand Voyer apporte des nuances importantes à une étude suédoise surprenante concernant l’impact de la cocaïne sur le comportement des saumons.
Contrairement à ce que laissait entendre une certaine couverture médiatique, la drogue ne rend pas les poissons plus rapides, mais modifie radicalement leur comportement migratoire en les rendant plus téméraires et endurants.
Écoutez le professeur Normand Voyer, professeur titulaire au département de chimie de l’Université Laval faire le point, jeudi matin, à l’émission de Patrick Lagacé.
«Le groupe qui n’a pas de cocaïne, lui, a tendance à rester pas mal plus proche. [...] Ceux-là qui ont un métabolite de la cocaïne [...] ça leur donne un gros high, ils peuvent nager par semaine 12 kilomètres de plus que les autres.»
Toutefois, Normand Voyer précise que ces poissons n'ont pas « consommé » de drogue de façon naturelle : les chercheurs ont utilisé des implants pour simuler cette exposition.
Cette étude soulève néanmoins de sérieuses inquiétudes sur la présence de contaminants (médicaments, drogues illicites) dans les cours d'eau du Québec, puisque nos systèmes de traitement ne parviennent pas à filtrer tous ces polluants émergents avant qu'ils ne rejoignent la faune aquatique.