La journaliste de La Presse, Fannie Arcand, a mené une infiltration percutante sur le réseau social Snapchat en se faisant passer pour une adolescente de 17 ans.
Munie d'un uniforme scolaire et de faux attributs physiques pour paraître plus jeune, elle a rapidement été la cible de sollicitations explicites.
En seulement un mois, six hommes majeurs lui ont proposé de l'argent ou des cadeaux en échange de services sexuels, et ce, même après qu'elle eut confirmé ne pas avoir 18 ans.
Écoutez Fannie Arcand et Mélissandre Gagnon-Lemieux aborder le tout, vendredi matin, à l'émission de Patrick Lagacé.
Cette enquête met en lumière la facilité déconcertante avec laquelle l'algorithme de Snapchat peut diriger des prédateurs vers des profils vulnérables.
Mélissandre Gagnon-Lemieux, coordonnatrice au programme Sphère, souligne que cette exploitation sexuelle est devenue de plus en plus virtuelle, utilisant les réseaux sociaux comme porte d'entrée principale avant de basculer vers des rencontres physiques ou des échanges de photos rémunérés.
«Un gars de 32 ans me propose de me payer un billet d'avion, de me payer le resto pour que je vienne coucher avec lui à Toronto. [...] Il sait pertinemment que j'ai moins de 18 ans parce qu'il me l'a demandé.»
On explique qu'il faut souvent six à sept tentatives avant qu'une jeune fille ne réussisse à quitter définitivement le milieu de l'exploitation sexuelle et qu'environ 90 % des jeunes suivis par le programme Sphère proviennent des centres jeunesse.