Une enquête de La Presse révèle qu'à Montréal, environ 250 enquêtes pour agressions sexuelles et plusieurs dossiers de meurtre stagnent sans que des accusations soient portées, parfois plus d'un an après la fin de l'enquête policière.
Me Guillaume Michaud explique cette situation par une pénurie sévère de ressources au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), citant la perte d'une soixantaine de postes depuis le début des coupures gouvernementales.
Cette surcharge force les procureurs à faire des choix déchirants: prioriser certains dossiers au détriment d'autres (fraudes, stupéfiants) ou accepter des règlements «au rabais» pour éviter que les dossiers ne tombent en raison des délais de l'arrêt Jordan.
Malgré des demandes répétées, le premier ministre et le ministre de la Justice refuseraient de rencontrer l'association pour constater la réalité du terrain.
Écoutez Me Guillaume Michaud, président de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, expliquer le tout, lundi matin, au micro de Catherine Brisson.
«On doit faire des choix même à l'autorisation. On se demande : "Est-ce qu'on a le budget pour le faire ?" Ce qui n'a aucun sens: un crime est un crime.»