Le débat sur les capacités militaires défensives du Canada a été relancé de façon inattendue. Lors d'un colloque à Ottawa, l'ancien chef d’état-major de la défense, le général Wayne Eyre, a plaidé pour que le pays développe sa propre capacité nucléaire à des fins de dissuasion.
Selon lui, sans cette force, le Canada demeure trop vulnérable face aux menaces mondiales et à l'imprévisibilité de certains alliés.
Écoutez le professeur de l'École nationale d'administration publique, Stéphane Roussel, aborder le tout, mardi après-midi, à l'émission de Philippe Cantin.
Le professeur Roussel émet toutefois de sérieuses réserves. Il rappelle que, si le Canada a déjà accueilli des armes nucléaires américaines par le passé, l'acquisition d'un arsenal autonome et indépendant de l'OTAN représenterait une rupture diplomatique et technique majeure.
De plus, il souligne que les menaces les plus plausibles pour le pays, comme les cyberattaques ou les tensions dans l'Arctique, ne se règlent pas l'arme atomique.