Le comédien Normand D’Amour est dans une période de sa vie où il se sent très bien. Celui qui se dit privilégié d’avoir pu travailler énormément pendant les 35 dernières années regarde son parcours avec beaucoup de fierté.
Malgré qu’il a dû, à l’aube de la quarantaine, devoir jongler avec le stress du manque de travail et l’obligation de décaisser certains de ses placements de retraite, il a pu retomber sur ses pieds par la suite depuis les 15 dernières années et il travaille beaucoup!
«J’ai eu besoin de me retirer 40 000$ pour être correct et ensuite ça a redécollé en fou depuis 15 ans. J’ai eu le privilège de travailler sur toutes les plates-formes: au cinéma, à la télé, au théâtre et j’ai fait de la pub. Mes deux maisons sont payées, mon char est payé, ma fille a fini le secondaire au privé… là, je ne peux que profiter de tout ce qui m’est offert!»
Normand D’Amour se permet de refuser des projets qu’il n’a pas envie de faire et peut maintenant faire profiter ceux qu’il aime de ce qu’il possède.
Il s’épanche sur sa belle relation amoureuse et n’hésite pas une seconde à discuter de la problématique de la dysfonction érectile avec laquelle il doit occasionnellement composer.
«J’veux en parler, parce qu’il y a plusieurs gars de mon âge qui en souffrent. Je ne peux pas dire que je souffre de ça, c’est seulement que tu fais: ''Voyons simonac! C’est quoi c’t’affaire-là!'' quand tu n’as jamais vécu ça ou quand tu en as entendu parlé que tu t’es dit que ça ne t’arrivera pas… Eh ben oui ça t’arrive!»
Il revient aussi sur le père qui s’est récemment enlevé la vie en emmenant avec lui ses enfants en soutenant qu’il ne peut pas concevoir la douleur et la souffrance avec laquelle l'homme devait assurément composer, avant de revenir sur son propre cheminement de gestion de la colère.
«Je suis devenu orphelin à l’âge de 40 ans et cette colère-là me suivait depuis très longtemps. Et je suis persuadé que cette colère venait de l’époque où j’étais dans le ventre de ma mère, lorsque mon père a eu un gros accident et s’est fait couper les deux jambes et la peine, la douleur et la colère que ma mère a vécue, je l’ai ressenti en totalité.»