Sans contrat de travail depuis 2021, les employés de la fonction publique canadienne ont déclenché la grève mardi soir. Quels seront les impacts politiques de cette grève et les stratégies des syndiqués?
Écoutez l'analyste politique et avocate spécialisée en droit du travail, Françoise Boivin, elle qui a aussi été députée de Gatineau élue sous les bannières du Parti libéral du Canada et du Nouveau Parti démocratique.
«Plusieurs personnes sont en train de trembler pour différentes raisons. Les grévistes vont certainement s’installer devant des portes de députés. Il y aura de la pression. J’ai l’impression que les deux bords vont perdre quelque chose au sujet de leur image. Ce sera le ''maudit gouvernement'' d’un côté et les ''maudits fonctionnaires paresseux'' de l’autre. [...] On ne parle pas ici des riches fonctionnaires, mais des travailleurs de la classe moyenne.»
Une loi spéciale?
Mme Boivin aborde aussi durant son entretien avec l'animateur Paul Arcand de la possibilité du gouvernement fédéral d’utiliser une loi forçant les fonctionnaires à retourner au travail.
«Le gouvernement Legault n’a pas les coudées franches pour utiliser une loi spéciale, précise-t-elle. Il est minoritaire. Et son partenaire de tango est le NPD, qui s’oppose généralement aux lois forçant le retour au travail des travailleurs.»
Précisons que les fonctionnaires fédéraux et les syndiqués de l’Agence du revenu du Canada sont en grève générale depuis 21h, mardi, puisqu’aucune entente avec le gouvernement Trudeau n’est survenue.
Cette grève concerne 120 000 fonctionnaires fédéraux œuvrant dans les différents ministères et 35 000 syndiqués à l’Agence du revenu du Canada.