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La tournée Celebration

La vie et l’histoire musicale de Madonna

La vie et l’histoire musicale de Madonna
La tournée célébration a fait sa première escale au Centre Bell, jeudi / Kevin Mazur/Getty Images
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Billet invalide? Comment ça, billet invalide? La jeune préposée à l’entrée du Centre Bell lors du premier des deux spectacles de Madonna me montre encore une fois son lecteur. Pas de doute…

Bien sûr, les gens de la billetterie d’Evenko m’ont produit un autre billet avec un «code barre» valide en moins de trois minutes, mais un truc pareil ne m’était jamais arrivé en 38 ans de critique journalistique.

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Pensez-y… Madonna est arrivée à l’heure!

Kevvin Mazur/Getty Images

Source: Kevvin Mazur/Getty Images

À 21h45, Bob the Drag Queen est monté sur scène pour présenter les vidéos et les images de jeunesse de l’artiste sur grand écran, moins de cinq minutes avant qu’elle ne monte sur scène. Après des arrivées à 22h15 et 22h20 à Toronto et 22h30 à Brooklyn – elle est même poursuivie par deux détenteurs de billets pour cause de retard là-bas -, Madonna a été ponctuelle.

C’était l’heure d’entrée sur scène que la production avait donné aux représentants des médias. Jamais vu ça non plus. Est-ce en raison des racines francophones de sa mère? Je l’ignore, mais j’ai le souvenir d’un 22h40 à Amsterdam en 2012…

Il fallait donc être là à temps pour apprécier l’ouverture de ce généreux spectacle de deux heures et 15 minutes où Madonna a fait son entrée sur la scène principale – circulaire, rotative et à paliers – vêtue d’une longue tunique et coiffée d’un diadème, telle une reine, pour l’interprétation de Nothing Really Matters, de Ray of Light (1998).

Segment festif

Cette entrée tout en douceur était presque un leurre, tant ce premier segment fut festif et musicalement «vintage». Rien de moins que Everybody, la toute première chanson de Madonna parue en 1982, pour lancer le bal avec dynamisme.

Into the Groove – peut-être l’une des cinq chansons les plus dansantes du répertoire de l’artiste -, est ensuite venue mettre le feu aux poudres lorsque Madonna et sa cohorte de danseurs et de danseuses se sont offert une procession collective sur l’un des nombreux corridors qui découpait le parterre. En claquant des doigts, tous les fans de son âge présents dans le Centre Bell ont été téléportés dans les années 1980.

Into the Groove, baby. Kevin Mazur/Getty Images

Source: Into the Groove, baby. Kevin Mazur/Getty Images

Burning Up, avec Madonna à la guitare, a été furieusement rock. Ça rappelait le traitement de Material Girl lors de la tournée (American Life) de 2004, quand les chansons des débuts de carrière avaient droit à un traitement plus rock que naguère. Une vivifiante Open Up Your Heart a précédé l’hymne de la première heure qu’est Holiday – soutenue par la ligne de basse de I Want Your Love, de Chic - pour conclure un premier acte explosif.

On dit acte, car telle l’artiste théâtrale qu’elle est, Madonna sectionne depuis des décennies ses concerts en actes, ce qui permet de cibler des thématiques… et de faciliter les changements de costumes.

Au parterre et dans les airs

Outre la scène principale citée plus haut, deux autres scènes carrées de plus petites dimensions ont permis de maximiser l’espace et de déplacer le spectacle d’un bout à l’autre de la patinoire des Canadiens, et parfois, plus haut.

L’une des scènes a permis d’accueillir un piano pour l’interprétation commune de Bad Girl avec l’une de ses filles - ses quatre enfants participent au spectacle - et un immense carré a émergé de l’autre pour Bedtime Stories, quand la chanteuse a interprété la chanson allongée sur le dos.

Sinon, le carré suspendu a permis à Madonna de chanter tout en survolant la foule durant l’émotive Live To Tell qui fut un hommage aux disparus morts du Sida, photos à l’appui sur les écrans géants, ainsi que pendant la défonce de Ray of Light, lasers en sus.

Madonna du haut des airs. Kevin Mazur/Getty Images

Source: Madonna du haut des airs. Kevin Mazur/Getty Images

Madonna érotique

Si la portion des chansons de la première époque a été la plus joyeuse, celle liée au disque Erotica (1992) a été la plus homogène.

La chanson-titre et Justify My Love ont présenté Madonna avec l’une de ses jeunes alter-ego qui la pelotait à souhait, tandis qu’on voyait la chanteuse se mêler à des boxeurs dans un ring ou se vautrer avec ces derniers.

Peut-être le segment où l’on avait le moins l’impression de revoir le passé que d’être dangereusement au présent. D’autant plus qu’on a intégré la bondissante Hung Up qui n’était pas loin de faire l’effet d’une tornade.

Madonna et ses danseurs. Kevin Mazur/Getty Images

Source: Madonna et ses danseurs. Kevin Mazur/Getty Images

Parlant de tornade, la séquence avec Vogue, jumelée à un défilé/concours queer ou Madonna donnait des notes de 10, a peut-être bien été le moment le plus libérateur et débridé du spectacle.

«Quand tu penses que c’est fini», a-t-elle dit, faisant référence à la grave infection qui a failli l’emporter l’an dernier et qui a repoussé ses dates de tournées. Pendant des mois, elle a interprété I Will Survive, ce qui était symbolique. Mais depuis le premier concert de Boston le 8 janvier, c’est Express Yourself, en mode guitare acoustique, qui a pris la place du classique de Gloria Gaynor. Et personne n’a semblé se plaindre avec l’effet bœuf de 15,500 cellulaires allumés simultanément.

Cela dit, tout n’a pas fait mouche. Le long rituel avec les danseurs dans une cage circulaire qui a précédé Like a Prayer était, artistiquement parlant, de grand cru, mais ça alourdissait l'ensemble. Même chose pour la séquence avec The Beast Within, lorsque Madonna était partie se changer. Die Another Day – l’apport de Madonna à James Bond – a été moins percutante que dans le passé, tandis que Mother and Father ne semblait guère indiquée après la pimpante Don’t Tell Me et son habillage western. Quant à Don’t Cry For Me Argentina, écourtée, elle semblait quelque peu expédiée.

Kevin Mazur/Getty Images

Source: Kevin Mazur/Getty Images

S’il est formidable de voir encore Madonna - dont la voix a tenu la route en dépit d'une légère perte de timbre - avec une telle énergie sur scène à 65 ans – seule la génétiquement superwoman Tina Turner a fait mieux dans le passé -, il est indiscutable que cette tournée Celebration accuse un léger déficit. Il n’y a plus de numéros aussi spectaculaires que celui du trapèze et de la séquence de patins à roulettes de la tournée Confessions (2006), ou celui de la corde à danser pour athlète olympique de la tournée Sticky and Sweet (2008).

Annoncée comme une tournée de grands succès - rappelez-vous la vidéo virale de Madonna avec ses amis autour d’une table -, Celebration est bien plus, en définitive, un copieux et mémorable survol de carrière. Madonna l’a dit durant le spectacle, c’est l’histoire de sa vie. Grands succès, survol de carrière, c’est la même chose, me direz-vous? Presque… 

Le cahier de charges

Bordeline, Lucky Star, Material Girl, Dress You Up, Who’s That Girl, True Blue, Papa Don’t Preach, Music et 4 minutes, pour ne nommer que celles-là, n’étaient pas de la partie. Je sais, avec plus de 90 singles, dont 40 succès certifiés, Madonna a l’embarras du choix.

Mais contrairement à une tournée reposant sur un album où elle sélectionnait une demi-douzaine de nouveautés pour les enrober de divers classiques qui complémentaient le ton ou le son du nouveau disque, cette fois - peut-être pour la première fois de sa carrière -, elle avait un vrai de vrai cahier de charges. Elle a donc dû faire des choix éditoriaux – celle-ci ou celle-là? – et cela a paru. Plus de succès au volume au final pour les fans, mais moins d'unité dans l'ensemble en raison du survol des époques.

Cela dit, on ne va pas se plaindre le ventre plein tant il y avait de bombes dans ce concert où tous les instruments étaient préenregistrés – sauf une guitare, un piano et un violon, par-c, par-là. Finalement, Madonna a fait comme Pub Royal, des Cowboys Fringants…

Bitch, I’m Madonna – avec les danseurs et danseuses représentant toutes les Madonna vues au fil des ans – et Celebration, en clôture, ont bouclé la boucle de belle façon.

Kevin Mazur/Getty Images

Source: Kevin Mazur/Getty Images

Mais Like A Virgin – jumelée à Billie Jean, de Michael Jackson -, uniquement sur écran? L’idée des ombres chinoises avec le Michael période Thriller et la Madonna en robe de mariée de Virgin, c’était brillant. Mais tu ne chantes pas sur scène ta chanson la plus emblématique – on peut débattre – dans une production survolant ta carrière?

C’était bien le seul faux pas de cette rétrospective généreuse qui aura démontré l’importance de l’œuvre, l’aspect novateur et provocateur, ainsi que la longévité de la reine de la pop depuis plus de quatre décennies.

Très belle célébration, en vérité.

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