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Festival international de jazz de Montréal

Le raffinement exquis de Melody Gardot

Le raffinement exquis de Melody Gardot
Melody Gardot et ses instrumentistes. / Victor Diaz Lamich/Festival de jazz

Il y a souvent des indices sur une scène qui annoncent ce qui va suivre. C’est ce qui s’est produit, dimanche, avant même que Melody Gardot ne foule les planches de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, pour le premier de ses deux concerts au Festival international de jazz de Montréal.

Pendant que le chanteur canadien Mathew V et son claviériste offraient la première partie, on voyait derrière eux tout un attirail: un piano, une batterie, des percussions, une contrebasse, des saxophones et une douzaine de chaises visant à accueillir une section de cordes. Nous savions déjà que Gardot allait nous sortir le grand jeu, comme en 2019, mais avec encore plus d’instrumentistes cette fois.

Habituée du festival depuis sa première participation en 2008 (Théâtre du Nouveau-Monde), l’Américaine qui s’exprime parfaitement en français semble hausser le niveau de sophistication de ses prestations au fur et à mesure de ses passages réguliers.

Victor Diaz Lamich/FIJM

Source: Victor Diaz Lamich/FIJM

Si la chanteuse de 38 ans porte toujours ses incontournables lunettes fumées, son apport scénique est beaucoup plus fougueux qu’il y a une quinzaine d’années, quand elle avait encore des séquelles de l’accident qui avait failli lui coûter la vie au début du siècle. Débarrassée de sa canne, elle danse et s’offre une proximité chaleureuse avec ses musiciens de première force.

Cette fois, elle s’est même permise de passer la soirée complète sans prendre place au piano – sauf au rappel – en raison de la présence du pianiste Philippe Powell avec lequel elle a enregistré le disque Entre eux deux, en 2022.

Avec plus de 15 instrumentistes sous la main, tous n’ont pas été mis à contribution sur toutes les chansons, ni en même temps. Gardot a ainsi pu exploiter toutes les facettes de son large ensemble et varier les enveloppes sonores.

Victor Diaz Lamich/FIJM

Source: Victor Diaz Lamich/FIJM

You Won’t Forget Me a fait la part belle au saxophone d’Irwin Hill, tandis que Love Song a mené à une finale où les cordes, le piano et les claquements de doigts des spectateurs avaient droit à une représentation égalitaire.

Francophile, Gardot l’est lors de certaines introductions, mais aussi par l’entremise de ses chansons. Son désormais classique bilingue C’est magnifique était de la partie, mais aussi Les Étoiles, la première chanson en français qu’elle a composée.

Cette dernière a été interprétée avec ses musiciens à l’avant-scène après une longue introduction marrante où Gardot nous a offert la genèse de cette chanson qui met en scène des Américains, la ville de Rome, une fenêtre un peu trop grande et la chanteuse… dévêtue. Au terme de son premier concert il y a 15 ans, je n’aurais jamais cru que cette jeune chanteuse si discrète et ténébreuse devienne un jour si extrovertie sur scène.

Victor Diaz Lamich/FIJM

Source: Victor Diaz Lamich/FIJM

Mystérieuse, Gardot l’est néanmoins toujours. Son chant précis, juste et souvent en retenue est l’antithèse des chanteuses criardes qui polluent les ondes. L’interprétation collective de Our Love Is Easy avec la complémentarité des cordes était d’un raffinement exquis. Quelque chose qui frisait la perfection. La classe et l'élégance réunies.

L’audience était tellement subjuguée au terme de la finale, qu’elle est demeurée figée plusieurs secondes, jusqu’au moment où la chanteuse a dit : «That’s it!». Nous étions à peu près dans le même état d’apesanteur lors de son duo avec le pianiste Philippe Powell pour Samba Em Preludio, lorsque les cordes nous offraient un accompagnement digne des ensembles de musique de chambre.

Généreux, la chanteuse a mene cédé la place à Powell qui a interprété Obstinada en tandem avec le percusionniste brésilien Jorge Bezerra qui a coloré l'offrande d'une foule de bruits luxuriants.

Racée et sensuelle avec sa voix feutrée, Gardot joue le jeu à fond quand elle chante This Foolish Heart Could Love You et elle entre dans la danse pour From Paris With Love qui était impeccable dans les circonstances. Nul doute que ce qui attend les spectateurs, lundi soir, à la Maison symphonique, sera d’aussi fort calibre.

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