La densification des municipalités aux dépens de l’étalement urbain pourrait-elle mener à la fin du rêve de milliers de Québécois d’avoir une maison en banlieue?
La position de nombreux maires et mairesses – Longueuil, Granby, Laval - en faveur de la densification laisse présumer qu’il y aura moins d’étalement urbain dans les prochaines années.
L’animateur Bernard Drainville a posé la question à Jérôme Dupras, professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais et membre fondateur des Cowboys Fringants.
« Je ne me prononce pas là-dessus. Je suis moi-même un enfant de la banlieue et j’ai adoré vivre dans la banlieue est de Montréal », dit-il.
Dupras, qui est aussi membre d’un comité d’experts qui conseille le gouvernement en matière de changements climatiques, estime qu’il faut mettre les choses en perspective.
« Parmi les recommandations faites au gouvernement, il y en a une sur l’artificialisation du territoire, donc, ça peut comprendre l’étalement urbain. Les milieux naturels, les boisés, les milieux humides, sont des puits de carbone très, très importants et ils sont mis à mal par différentes stratégies de développement. »
« Il faut vraiment réfléchir sur cette cohabitation nature/êtres humains et penser à une diversité de développements de nos villes et de nos banlieues qui sont plus conséquents avec l’urgence climatique. Ce n’est pas de tout mettre à l’évier. »
« Il faut déplacer le débat dans la bonne arène. Il y a des espaces qui sont dédiés au développement industriel et résidentiel et il reste une grande capacité dans les régions métropolitaines du Québec de le faire.
« Ce qui est « non » pour notre comité et pour plusieurs groupes, c’est que l’on ne développera pas les terres agricoles et les milieux naturels, mais on va le faire où l’on peut le faire. »