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GP de F1 du Bahreïn : Williams, comme le Canadien

GP de F1 du Bahreïn : Williams, comme le Canadien

Les Grands Prix se suivent et ne se ressemblent pas… Et c’est tant mieux ! Les deux premières courses de la saison nous ont montré le pire et le meilleur de la Formule 1.

Le pire : une procession pendant laquelle le peloton se suit à la queue leu leu, comme ce fut le cas en Australie. Il ne faut pas se leurrer, il y en a toujours eu en F1 et il y en aura toujours. Trouvez-moi un sport professionnel dont tous les événements sont passionnants…

Le meilleur : une course endiablée du début à la fin, avec des rebondissements, des dépassements et une finale pendant laquelle on oublie de respirer tellement c’est serré ! Une course pendant laquelle certains ont raté des opportunités (Williams), d’autres non (Toro Rosso, Sauber, Haas, Renault, McLaren). Le Grand Prix de Bahreïn nous a donné tout ça, et plus encore.

Commençons par le pot : l’écurie Williams semble avoir atteint son bas-fond et on voit mal comment elle pourra rebondir. Le parallèle avec le déclin d’une autre dynastie est inévitable et je parle bien sûr de notre équipe de hockey, qui a connu son annus horribilis, pour reprendre l’expression royale.

Williams, ne l’oublions pas, est la deuxième écurie la plus titrée derrière Ferrari, avec 9 championnats des Constructeurs. Parler de dynastie n’a donc rien d’exagéré : cette équipe existe depuis plus de 40 ans, ce qui la place au troisième rang en longévité, derrière Ferrari et McLaren. Et si cette dernière n’a pas encore terminé sa traversée du désert, elle a toujours pu compter, au moins, sur une bonne combinaison de pilotes.

Le point faible de Williams, ne nous racontons pas d’histoire, il est là. Vous pensez que Jacques Villeneuve est dur avec Lance Stroll ? Allez faire un tour du côté des médias européens… Villeneuve ne fait que transmettre une opinion généralisée dans le paddock : l’écurie anglaise n’a jamais eu une paire de pilotes aussi faible de toute son histoire. Si vous êtes sceptiques, je vous invite à regarder les Grands Prix à TSN (commentés par des Britanniques, dont l’ex-pilote de F1 Martin Brundle); à lire des sites français et anglais (abondamment relayés sur ma page Facebook).

Que Williams engage un pilote payant, soit; mais deux ??? Gros problème, ici. Une écurie de cette stature a besoin d’un vétéran, capable de l’aider à progresser. Si McLaren n’a pas sombré, malgré ses trois saisons de misère avec Honda, c’est grâce à Fernando Alonso. Williams aurait pu aller le chercher, l’hiver dernier; ou encore, Romain Grosjean.

Et puis, tiens, pourquoi ne pas avoir tenté d’y aller « pour la longue balle » en sortant Rosberg de sa retraite ? Le champion du monde 2016 a commencé sa carrière chez Williams; il a travaillé étroitement avec son directeur technique, Paddy Lowe, quand ce dernier occupait la même chaise chez Mercedes. On jase…

Williams a choisi l’argent de Sirotkin. À court, moyen ou long terme, c’est un très mauvais choix. En F1, il faut de l’argent, mais il faut aussi du talent. Un constructeur richissime comme Toyota a englouti, dit-on, plus de 500 millions de dollars (vous avez bien lu) pendant son séjour en F1. En oubliant l’essentiel : engager un pilote faisant partie du Top 5. Et encore, ceux qui ont passé chez Toyota étaient nettement supérieurs à ceux de Williams cette année ! Aucune comparaison possible.

Pour nous, Québécois, qui avons connu les années de gloire de Williams avec Jacques Villeneuve, ce naufrage est pathétique. Comme celui du CH.

Vous me permettez d’en ajouter une dernière couche ? L’élimination de ténors comme Raikkonen, Ricciardo et Verstappen était une formidable opportunité pour les pilotes de l’écurie Williams. La 9e place de Marcus Ericsson, sur la pauvre Sauber, l’illustre parfaitement. L’année dernière, Lance Stroll arrivait à capitaliser dans des courses mouvementées : à Montréal, à Bakou… Mais ce week-end, il n’est même pas passé près.

Le reality check, comme on dit en serbo-croate, a été brutal.   

The Associated Press

Source: The Associated Press

La première étoile : Gasly

Terminons sur une bonne note, avec les fleurs. Vettel, bien sûr, avec une deuxième victoire en autant de courses, mais surtout pour avoir résisté à Bottas dans les derniers tours, avec toute la maîtrise à laquelle on est droit de s’attendre d’un quadruple champion du monde. L’année dernière, il a perdu une probable cinquième couronne par sa faute et il le sait très bien. Comme Lewis Hamilton en 2016 avec Rosberg. Mais Hamilton a répondu en gagnant le championnat l’année suivante. C’est la marque des grands et Vettel en est un. Si la tendance se maintient, nous aurons, mes amis, un duel de titans cette saison !

Bottas et Hamilton méritent eux aussi des fleurs : le premier pour avoir tout donné dans les derniers tours et le second pour avoir sauvé les meubles en montant lui aussi sur le podium, après une décevante 4e place en qualifications, combinée à une pénalité de 5 places.

La première étoile revient cependant au Français Pierre Gasly, qui a terminé 4e avec une Toro Rosso. Comme au hockey, où le repêchage est tout sauf une science exacte, les espoirs de la filière Red Bull n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes (Buemi, Alguersari, Kvyat); mais c’est cette même filière qui a permis l’éclosion de Vettel, Ricciardo et Verstappen – excusez du peu ! S’il est un peu tôt pour affirmer que Gasly est taillé dans le même bois, avouons quand même que ça promet.

Cela dit, Lance Stroll a été le seul pilote des « écuries B » (autres que Ferrari, Red Bull et Mercedes) à monter sur le podium, la saison dernière. Dommage que Williams n’ait pas jugé bon de mieux l’encadrer cette année. Ce n’est sûrement pas Sirotkin qui va le tirer vers le haut… 

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