98.5 Sports
Report du remplacement du toit du Stade olympique

La honte va perdurer

La honte va perdurer
Le journaliste sportif Jeremy Filosa

Nous voici à la veille d’un autre évènement sportif qui doit avoir lieu au Stade olympique, mais qui pourrait encore une fois être menacé par les conditions météorologiques.

Mardi soir, le CF Montréal doit jouer en ligue des champions contre le Santos Laguna, mais des prévisions météo laissent craindre une annulation pour la tenue de ce match.

Je me souviendrai toujours d’un match entre l’Impact et le Crew de Columbus qui avait été remis à cause de la neige. Ayant entendu les rumeurs de report possible du match, un journaliste de Columbus m’avait téléphoné à l’époque, quelques jours avant la rencontre pour s’enquérir de la situation.

« La tenue du match est-elle vraiment menacée à cause de la neige ? Le stade n’a-t-il pas un toit ? »

Je ne savais pas quoi lui répondre devant cette simple question. En lui confirmant l’information, il me demande ensuite : « Mais, c’est récent ce problème de toit ou c’est connu depuis longtemps ? »

Je lui avais alors indiqué que le problème perdure depuis longtemps…

« Mais si ça tombe ? Est-ce que ça ne peut pas mettre des vies en danger ? La direction peut-elle être poursuivie ? Ce serait scandaleux si ça sortait qu’ils étaient au courant et qu’elle n’ait rien fait. »

Ce journaliste avait trop de bon sens pour que je puisse lui en passer une vite. J’ai dû me résilier à lui avouer que la société québécoise ne tient pas vraiment à ses infrastructures sportives, ni au maintien du sport professionnel local.  

Cette discussion a eu lieu en 2013. Et je suis assommé de voir que 9 ans plus tard, rien n’a encore bougé dans ce dossier.

Lundi matin, Radio-Canada rapportait que le remplacement du toit, qui a déjà été reporté plus d’une fois, est à nouveau repoussé. Le nouvel échéancier de 2024 ne sera pas respecté.

En fait, la situation perdure depuis 1999, année à laquelle la toile s’est déchirée lors d’un salon de l’auto. 

En respectant l’échéancier de 2024, ça aurait pris un quart de siècle pour régler le problème. Malheureusement, ça prendra encore plus de temps.

À la lumière de cette éternelle tergiversation, qui peut croire que ce toit sera véritablement installé un jour ?  

>>>>>Jeremy Filosa a discuté du dossier du stade avec Jérémie Rainville, lundi, aux Jérémie le midi

Tout est en attente

Ce qu’il y a de pire dans tout ça c’est que le vice-président de l'exploitation et du développement du Parc olympique, Alain Larochelle, a de grands plans pour le stade, une fois les travaux terminés. Mais entre-temps, il demeure les mains liées.

À ce sujet, écoutez l’entrevue diffusée l’automne dernier. Tant et aussi longtemps que le toit ne sera pas remplacé, rien ne peut se passer. Le vieux terrain synthétique ne peut être remplacé, le système de son archaïque attend d’être remplacé, tout comme le système d’éclairage.

Imaginez-vous que les ampoules originales utilisées pour illuminer le stade ne sont plus produites. On ne peut plus les remplacer. Donc à chaque fois qu’une ampoule brule, l’éclairage dans le stade olympique devient de plus en plus sombre, une petite lampe à la fois.

Larochelle a de grandes ambitions pour l’avenir du stade. Il a 1001 idées. Mais, tout est sur la glace.

La honte nationale

Le stade, qui est devenu le symbole de notre ville, agonise. Parmi les vieux stades d’aussi grande envergure, bâtis à cette époque en Amérique du Nord, il demeure l’un des seuls qui n’ont pas été démolis ou grandement rénovés.

Il y a seulement le Colisée d’Oakland qui demeure dans cette catégorie. D’ailleurs, ça semble écrit dans le ciel que cette ville perdra son équipe de baseball sous peu. Le vieux Colisée sera assurément démoli dès le départ des A’s.

Dire que le prix moyen de ce type de stade construit dans les années 1970 était d’environ 70 millions de dollars, alors que le nôtre en a coûté plus de 10 fois cela ! Non ce n’est pas une farce.

Ici, on a choisi de garder le stade, au lieu de le démolir. Si au moins il avait été bien entretenu comme le BC Place (Vancouver), le Soldier Field (Chicago) ou le Arrowhead Stadium (Kansas City) … 

On se retrouve donc avec une infrastructure désuète qui est trop souvent inutilisable. C’est une véritable disgrâce. Pendant que les autres grandes villes d’Amérique du Nord se battent pour avoir des matchs de la Coupe du monde en 2026, Montréal passera encore une fois à côté.

Actuellement, lorsqu’on désire présenter un évènement ponctuel au Stade olympique, comme le match de mardi, on court toujours un risque d’annulation. 

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