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Grand Prix de Formule 1 de Turquie

L’énigme Bottas

L’énigme Bottas

Mettons tout de suite les choses au clair : si Valtteri Bottas avait piloté plus souvent comme il l’a fait en Turquie, il aurait conservé son volant chez Mercedes l’an prochain. Contrairement à son habitude, l’énigmatique Finlandais a réussi son départ et il a remporté son premier Grand Prix de la saison avec panache, en y ajoutant le point du meilleur tour en course.

Sur le circuit de l’Istanbul Park, les rôles ont été inversés chez Mercedes : c’est Bottas qui avait des airs de Lewis Hamilton. Même avec Max Verstappen à ses trousses, il n’a jamais craqué ni commis la moindre faute. La grande question avec lui est la suivante : pourquoi cela n’arrive-t-il pas plus souvent ? 

Depuis 2017, Bottas a l’immense privilège – immense, j’insiste – de piloter la meilleure F1 du plateau, une voiture avec laquelle il peut viser le podium à chaque course. Et pourtant, il n’a gagné que 10 courses depuis son arrivée chez Mercedes. Dire qu’il a été laminé par son coéquipier est un euphémisme : Lewis Hamilton en a remporté 47 pendant la même période. On est loin de Nico Rosberg, mettons…

Le réveil des seconds

En Turquie, Bottas a fait exactement ce qu’on attend d’un deuxième pilote : reprendre le flambeau quand le numéro 1 (officieux ou officiel) trébuche. Son homologue chez Red Bull a fait de même : après un long passage à vide (neuf courses sans podium), Sergio Pérez s’est secoué les puces et il a terminé troisième derrière Verstappen, leader incontesté de l’écurie autrichienne. 

Le meilleur des seconds couteaux cette saison, Carlos Sainz Jr., a encore brillé, terminant 8e après s’être élancé de la 19e place en raison d’une pénalité-moteur. Depuis son arrivée chez Ferrari, l’Espagnol ne cesse d’impressionner : non seulement est-il en train de devenir le Monsieur Régularité de la F1, mais il se permet même le luxe de faire jeu égal avec Charles Leclerc, pourtant bien assis dans le siège de pilote numéro 1 de la Scuderia et considéré comme un des plus brillants espoirs de la nouvelle génération. Mieux : il le devance au championnat ! D’un demi-point, mais il est quand même devant. Respect.

Lance Stroll en est un autre qui a repris des couleurs en Turquie. Il faut dire que le Montréalais semble particulièrement à l’aise sur ce circuit où il avait épaté la galerie l’année dernière en obtenant la première (et seule) pole position de sa jeune carrière. Il avait réalisé cet exploit sous la pluie, démontrant de nouveau sa maestria dans de telles conditions. Le lendemain, il avait mené les 36 premiers tours de l’épreuve jusqu’à ce qu’un arrêt aux puits catastrophique ne vienne ruiner sa course.

Cette saison, une monture moins fringante ne lui permet plus d’être aux avant-postes; tout au plus peut-il grapiller des points en visant, dans des conditions normales, les positions 7 à 10. Notre grand espoir canadien - dont les promesses qu’ont laissé entrevoir quelques moments de brillance tardent à se concrétiser en raison d’un rendement pour le moins inconsistant – a terminé 9e après avoir réalisé le 9e meilleur temps lors des qualifications. C’est clairement le maximum qu’il pouvait tirer de son Aston Martin et surtout, il a devancé son coéquipier tout au long du week-end. 

À l’opposé, Sebastian Vettel a livré une performance éminemment oubliable – une autre. Ses deux podiums avaient redonné espoir à ses fans comme à l’écurie Aston Martin, qui pouvait espérer qu’un quadruple champion du monde la tire vers le haut. L’illusion a été de courte durée : depuis le retour de la pause estivale, on revoit le Vettel brouillon et gaffeur des années précédentes. Tout ça est bien triste mais au moins, en Turquie, Lance Stroll a livré la marchandise pendant que son chef de file s’enlisait après avoir choisi de monter des pneus lisses (slicks) sur une piste humide. 

Vers une dictature des commissaires ?

Saluons la performance de Pierre Gasly, impressionnant tout le week-end avec une 4e place en qualifications et une 5e en course. Les commissaires ont encore fait preuve d’un manque de jugement en le pénalisant de 5 secondes alors que son accrochage n’était rien d’autre qu’un incident de course. Trop, c’est comme pas assez : au départ d’un Grand Prix, il est normal que ça joue du coude. 

Le rôle des commissaires est de sévir quand un pilote a une crampe au cerveau, comme Bottas en Hongrie. Ou pas de cerveau du tout, comme Mazepin. Mais dans l’accrochage Gasly-Alonso, il n’y avait rien pour décerner une pénalité; juste du frotti-frotta dans la cohue du départ. Ces pénalités à gogo vont finir par tuer la Formule 1.

Le Hockey des Canadiens
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