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Grand Prix des Pays-Bas

Le calme après la tempête

Le calme après la tempête

Les fans de Formule 1 étaient encore sur l’adrénaline d’un Grand Prix de Hongrie complètement déjanté lorsque la pause estivale a débuté. Un mois plus tard, le retour sur terre a été brutal avec un simulacre de course en Belgique, qui a généré un puissant ressac. Puis, tout est revenu à la normale aux Pays-Bas, les cinq premiers qualifiés terminant dans cet ordre au terme d’une ennuyeuse procession de 72 tours. Le calme après la tempête…

Évidemment, si vous êtes Néerlandais-e, vous avez eu toutes les raisons de vous réjouir : non seulement était-ce le grand retour de la F1 aux Pays-Bas après une absence de 36 ans, mais c’est le favori local, Max Verstappen, qui a dominé de la tête et des épaules. Mad Max a fait vivre un week-end de rêve à ses fans : pole position, victoire et retour en tête du championnat. Seul le point du meilleur tour en course lui a échappé. 

Ses poursuivants ont été réduits à faire de la figuration : Hamilton, Bottas, Gasly et Leclerc l’ont suivi à la queue-leu-leu, terminant dans cet ordre sans livrer bataille. Le seul exploit est venu de l’autre pilote Red Bull, Sergio Pérez, auteur d’une de ces remontées dont il a le secret. Parti de la ligne des puits, le Mexicain a terminé 8e et sa prestation lui a valu le titre de Pilote du jour. (Sur une note personnelle, la remontée de Sergio Pérez m’a évité de m’endormir devant la télé. Muchas gracias, Checo !)

Où ira Bottas ?

Inutile de s’étendre davantage sur ce Grand Prix soporifique : tout s’est joué au départ. Verstappen a parfaitement réussi le sien et la messe était dite. En F1, on l’a vu avec Drive To Survive, l’excellente téléréalité de Netflix, ce qui se passe en coulisses est parfois – souvent, diront les plus cyniques – plus intéressant que sur la piste. Machiavel et Shakespeare s’y côtoient de façon naturelle, avec la plus grande aisance, ce qui rehausse l’intérêt pour une discipline naguère aussi opaque qu’élitiste.

Ainsi, à chaque saison, le sort d’un ou deux pilotes tient le public en haleine : l’attente génère invariablement un flot de rumeurs, au point où cette période de l’année est surnommée la Silly Season. Puis, la première signature d’un de ces « incertains » déclenche à son tour un effet domino.

L’année dernière, rappelez-vous, Sebastian Vettel était le pivot des spéculations. Dès le moment où la Scuderia Ferrari a annoncé qu’elle ne renouvellerait pas le contrat de l’Allemand, le moulin à rumeurs s’est emballé. Cette saison, c’est Valtteri Bottas qui est le point de mire. 

S’il semble déjà acquis que George Russell lui succédera chez Mercedes, la grande question est de savoir où ira le placide Finlandais. Ses cinq saisons en demi-teinte avec la meilleure écurie du plateau ont pâli son étoile, mais pas complètement : elles lui ont fermé la porte des écuries de pointe, certes, mais son expérience et son bagage technique constituent autant d’atouts pour une équipe désireuse de s’extirper du ventre mou du peloton.

La rumeur l’envoyait chez Williams, qui renaît depuis son rachat par Dorilton Capital. On comprend maintenant où allait l’argent des commanditaires de Williams : directement dans les poches de Sir Frank et de sa fille Claire, qui se sont enrichis le plus possible avant de vendre leur écurie plombée par cette gestion dictée uniquement par la cupidité. Mais je m’égare…

Bottas, donc. La piste Williams tenait d’autant plus la route que Mercedes fournit des moteurs à cette équipe. Un échange Russell-Bottas, voilà qui était à la fois simple et satisfaisant pour les deux parties. Mais en F1, les choses ne sont jamais simples et la dernière rumeur l’envoie plutôt chez Alfa Romeo, où un Finlandais en remplacerait un autre, Raikkonen ayant annoncé sa retraite. 

Il se chuchote même qu’une fourniture Mercedes ne serait plus à écarter, les liens entre Ferrari et le groupe Stellantis (dont fait partie Alfa Romeo) étant de plus en plus ténus. Science-fiction? Peut-être pas, mais n’oublions pas non plus que le tout-puissant John Elkann, héritier de la famille Agnelli, préside les conseils d’administration de Ferrari ET de Stellantis, une entité née de la fusion du groupe PSA (Peugeot-Citroën-Opel) et de FCA (Fiat-Chrysler). Même si Ferrari a désormais son indépendance boursière, les liens ne sont pas complètement rompus. À suivre…

Rumeurs, rumeurs…

Rares sont ceux qui reviennent en F1 après l’avoir quitté. Bien sûr, il y a des exceptions pour des champions comme Prost, Schumacher et Alonso; ou encore des histoires aussi rares que singulières comme celle de Robert Kubica. Sinon, c’est l’exception plutôt que la règle. Si on se fie aux rumeurs, Alex Albon pourrait faire partie des revenants, Red Bull travaillant, semble-t-il, très fort pour le placer dans une autre écurie tout en le gardant dans son giron. (On se demande bien pourquoi mais ceci est une autre histoire…)

Albon se retrouve donc, lui aussi, au centre des rumeurs - dont une, plus répandue, qui l’envoie chez Williams. Christian Horner, directeur de Red Bull et nouveau braillard en chef de la F1, accuse Toto Wolff de bloquer le transfert d’Albon, à cause des liens entre Williams et Mercedes tout en avouant qu’une fourniture des futurs moteurs Red Bull à l’écurie anglaise a bel et bien été évoquée… Toto Wolff, de son côté, aimerait bien trouver un volant à l’espoir néerlandais Nyck de Vries, champion en titre de Formule E avec Mercedes.

Autre rumeur persistante : Antonio Giovinazzi pourrait perdre le sien chez Alfa Romeo. Le propre des espoirs de la F1 est de réussir à se distinguer au volant d’une voiture médiocre, le plus récent exemple en date étant celui de George Russell. Or, on attend toujours un exploit du pilote italien, plutôt discret, voire évanescent, depuis son arrivée en F1. Cela laisse donc trois baquets potentiellement libres en vue de la prochaine saison : celui de Russell chez Williams et ceux d’Alfa Romeo.

S’il existait une justice en F1, elle ramènerait Nico Hulkenberg, brillant lors de ses remplacements chez Aston Martin l’année dernière lorsque Sergio Pérez puis Lance Stroll ont contracté le coronavirus. L’Allemand travaille fort pour revenir chez Williams, l’écurie avec laquelle il a débuté en F1. Nouvellement marié et futur père, le pilote de 34 ans a déjà indiqué qu’il tirerait un trait sur la F1 s’il ne trouvait pas de volant en 2022. Il est actuellement pilote de réserve avec Aston Martin, où il ferait sans doute aussi bien, sinon mieux, que notre fulgurant espoir canadien, mais ceci est une autre histoire (bis)…

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