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La santé physique des enfants a beaucoup souffert

La santé physique des enfants a beaucoup souffert
Photo: Halfpoint Images/Moment/Getty Images

Sandra Zagury est professeure d’éducation physique à l’école secondaire Pearson, à Montréal-Nord. Elle œuvre dans ce domaine depuis 25 ans, et jamais elle n'a vu autant d’enfants en aussi mauvaise forme physique.

Les cours d’éducation physique sont déjà peu fréquents dans l’horaire hebdomadaire des jeunes. En plus, depuis le début de la pandémie de COVID-19, la récréation a été annulée tout comme les activités sportives à l’extérieur du cadre éducatif.

 

« Déjà dans les 10 dernières années, avec les jeunes qui utilisent de plus en plus les tablettes, on voyait un déclin, mais aujourd’hui c’est du jamais vu. Selon les standards que je propose normalement, j’ai un paquet d’élèves qui n’obtiendraient que 10 ou 15% dans leur bulletin, ils sont tellement loin du 60%. »

Selon Zagury, la situation est plus qu’alarmante :

« Les élèves ont de la difficulté à faire l’échauffement sans avoir besoin de s’assoir. Plusieurs se disent incapables de courir, ou même de faire un tour complet du gymnase en jogging. Ils se plaignent souvent et rapidement de leur niveau de fatigue. Ce n’est vraiment pas normal. C’est franchement démoralisant. »

Elle remarque par contre que les étudiants en sport-étude ont maintenu le cap.

« Je me réjouis vraiment lorsque j’entre dans mes classes de sport-étude. Les jeunes sont motivés, organisés et jamais fatigués. J’encourage tous les parents à songer à inscrire leurs en enfants dans ce type de programme, ça fait toute la différence. »

Selon Zagury, le gouvernement a échoué. La pandémie était un prétexte parfait pour faire la promotion de l’activité physique, mais ça n’a pas du tout été le cas.

L’annulation des sports parascolaires a aussi fait très mal, selon son analyse.

L’éducation physique maintenue

Pour Robert Richard, professeur d’éducation physique à l’école St-Vincent à Laval, les enfants ont été affectés autant physiquement que mentalement.

« Ce que je remarque chez mes jeunes qui jouaient au niveau AAA c’est qu’ils ont perdu beaucoup de motivation. Ils avaient l’habitude de faire quatre sessions de sport par semaine, et là ils se retrouvaient seulement avec un cours d’éducation physique. Ils s’ennuyaient surtout de leur sport et leurs coéquipiers. Je voyais le manque d’intérêt. »

Pour Richard, le tout aurait été bien pire si les cours d’éducation physique avaient aussi été annulés.

« Je considère que d’avoir gardé l’éducation physique malgré la pandémie a été une bonne décision. La situation aurait été encore plus grave sinon. »   

L’entrainement à domicile très important

De son côté Nino Cavallaro, professeur d’éducation physique et directeur athlétique à l’école Vincent Massi, voit des signes positifs.

« Nous avons demandé à nos étudiants durant la pandémie de nous prouver chaque jour qu’ils avaient trouvé le moyen de bouger pendant au moins 30 minutes. C’est rare qu’en éducation physique on donne des devoirs, mais là ils doivent tout inscrire dans leur registre. »

Cette pratique ne faisait pas partie de la routine chez les jeunes avant la pandémie, Cavallaro espère que ça deviendra la norme à partir de maintenant. 

Il n’a cependant pas compris pourquoi le gouvernement n’avait pas mis plus d’emphase sur l’activité physique lors de cette pandémie.

« On dirait que la prévention pour eux s’arrêtait à ce que l’on ne devait pas faire, c’est-à-dire ne pas être en contact avec les autres, ne pas oublier de porter le masque ou se laver les mains. »

« On aurait pu aussi expliquer ce que l’on pouvait faire concrètement pour améliorer notre sort, c’est-à-dire promouvoir les bienfaits de l’activité physique quotidienne. »

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