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Grand Prix du Japon: Ferrari a encore perdu

Grand Prix du Japon: Ferrari a encore perdu

Encore une fois, Ferrari a été battue par Ferrari. Parce qu’il faut bien le dire, Mercedes n’a pas gagné cette course, c’est Ferrari qui l’a perdue - la nuance est importante. Et ils n’ont pas niaisé: les deux pilotes ont tout bousillé dès le premier tour. Pas en s’accrochant, comme l’avaient fait Vettel et Raikkonen à Singapour il y a deux ans; non, non, ils ont fait ça tout seuls, sans rien ni personne pour les aider.

Les Ferrari, doit-on le rappeler, avaient survolé les qualifications et monopolisaient la première ligne, devant les Mercedes de Bottas et Hamilton. Détenteur de la pole position, Vettel, encore une fois, a craqué sous la pression, en ratant son départ comme une recrue. Rappel, ici: le chef de file de l’écurie Ferrari cumule quatre titres de champion de monde et il en est à sa 13e saison. Accessoirement, il est aussi le deuxième plus haut salarié de la F1, avec un salaire annuel de 40 millions de dollars US.

Vettel, donc, a commis une erreur de débutant, ouvrant toute grande la porte à Valtteri Bottas, placé juste derrière lui. La messe était dite. Et comme un malheur ne vient jamais seul, Charles Leclerc, a enfoncé le clou pour les Rouges en conduisant comme un écervelé. Sauf que Leclerc, au moins, a des facteurs atténuants: il n’a que 21 ans et n’en est qu’à sa deuxième saison de F1. Et il touche une fraction du salaire de Vettel…

Cela dit, l’âge n’excuse pas tout et le Monégasque a terminé sa journée avec non pas une, mais deux pénalités et deux points en moins sur sa super-licence. Le jeune homme a les défauts de ses qualités et il est un peu trop fringant (ce qui est mieux que pas assez, répétons-le) mais personne n’arrive à le brider: ni ses patrons, ni les commissaires. Après ses triomphes consécutifs à Spa et Monza, Leclerc a commencé à se prendre pour Ayrton Senna. Au Japon, il n’en a fait qu’à sa tête, en plus de rouspéter à chaque fois que l’équipe communiquait avec lui par radio.

Toru Hanai / The Associated Press

Source: Toru Hanai / The Associated Press

Comme un certain Alonso…

Le comportement de Leclerc n’est pas sans rappeler celui de Fernando Alonso. Sauf que la fin de carrière du pilote espagnol, unanimement considéré comme un des plus doués de sa génération, est aussi riche en enseignements. Résumons: elle s’est terminée sur une note misérable parce qu’il avait la réputation d’être ingérable. Ce serait dommage que Charles Leclerc devienne le pire ennemi de Charles Leclerc, comme Alonso l’a été pour lui-même.

À sa décharge, le ténébreux Alonso était un pilote au comportement généralement irréprochable en piste, ce qui lui valait le respect de ses pairs. Leclerc, lui, a des relents de Schumacher, ce qui est tout sauf un bon exemple. Et surtout, pour en finir avec le parallèle avec Alonso, celui-ci a été sacré deux fois champion du monde, en plus de gagner 32 Grands Prix.

Leclerc a le talent pour égaler, voire surpasser ces chiffres; mais pour ça, il doit s’assurer de faire partie d’une écurie de pointe. Or, les meilleures équipes peuvent se permettre le luxe de lever le nez sur un pilote surdoué si sa gestion demande trop d’énergie. Bref, il faudrait que quelqu’un, chez Ferrari, remette le gamin à sa place. Parce que s’ils ne le font pas maintenant, ils vont amèrement le regretter plus tard.

Or, pour gérer un pur-sang, il faut un(e) patron(ne) avec une colonne vertébrale. Et c’est ce qui semble faire cruellement défaut chez Ferrari. Dans une écurie de F1, comme dans n’importe quelle entreprise, les dirigeants sont imputables et au final, le manque de leadership au sein de la Scuderia vient de lui coûter deux victoires en autant de courses. Une écurie n’a pas le droit de perdre un Grand Prix quand ses deux voitures occupent la première ligne sur la grille de départ, point à la ligne.

Le dernier championnat d’un pilote Ferrari remonte, doit-on le rappeler, à 2007. Depuis, les Rouges ont développé une expertise pour se tirer dans le pied. Ils sont devenus les meilleurs… pour terminer deuxième. Avec Alonso, puis avec Vettel. Pendant ce temps, les patrons se sont succédés, sans jamais réussir à remettre la maison en ordre. Qui aurait cru qu’on s’ennuierait de Jean Todt un jour?

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