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Grand Prix de Belgique : Éloge de la perfection

Grand Prix de Belgique : Éloge de la perfection

À moins d’un cataclysme, Lewis Hamilton sera couronné champion du monde, pour la sixième fois, à la fin de la saison. Les chiffres disent que tout est encore possible : le Britannique a 65 points d’avance sur son coéquipier, Valtteri Bottas. Quand on sait qu’une victoire rapporte 25 points au gagnant et qu’il reste huit courses à disputer, effectivement, tout est encore possible. Sur papier, du moins.

La réalité est tout autre : Hamilton domine, que dis-je, lamine son coéquipier. Et quand bien même reverrait-on le Bottas de la première course de la saison, qui a fait illusion le temps d’un Grand Prix, Hamilton n’a qu’à gérer son avance comme un comptable prudent (excusez le pléonasme) pour s’assurer de devenir le deuxième pilote de l’histoire de la Formule 1 à être couronné une sixième fois. Le Britannique est cependant trop fier compétiteur pour s’asseoir sur son avance et se contenter de la gérer. On l’a vu dans les derniers tours du Grand Prix de Belgique, alors qu’il fondait sur sa proie – le meneur et éventuel vainqueur, Charles Leclerc.

Dire que Leclerc a gagné avec panache est un euphémisme : le Monégasque a été tout simplement parfait. Et ce, tout le week-end : premier lors des deuxième et troisième séances d’essais libres du vendredi, il a ensuite dominé les trois séances de qualification du samedi. Sauf que cette démonstration aurait été vaine si elle ne s’était pas terminée par une victoire; or, le dimanche venu, Leclerc a été impérial. Résumons : départ impeccable, gestion de course irréprochable et concentration imperturbable malgré la pression de l’ogre Hamilton.

Une victoire en forme d’hommage

L’histoire retiendra plusieurs éléments de cette première victoire en carrière de Charles Leclerc : l’endroit, le contexte et la maestria du jeune pilote. L’endroit, d’abord : le circuit de Spa-Francorchamps mérite l’étiquette, trop souvent galvaudée, de mythique. Avec tout ce que cela implique de drames et de faits d’armes. Un circuit d’une beauté terrifiante, où les pilotes marchent sur un fil, celui de la fine limite entre le courage et l’inconscience. L’histoire de Spa compte autant de moments de bravoure que de tragédies.

Ce qui nous amène à parler du contexte. Cette première victoire est aussi devenue un hommage à Anthoine Hubert, mort tragiquement la veille sur ce même circuit, lors de l’épreuve de F2. Leclerc lui a dédié sa victoire et l’hommage était sincère : les espoirs de la F2 et les pilotes de F1 se côtoient, les courses de F2 étant souvent jumelées à des Grands Prix. Dans ce microcosme, tout le monde se connaît, surtout s’ils sont des compatriotes. Hubert était Français, Leclerc est Monégasque, c’est tout comme, et les deux étaient de bonnes connaissances. Le destin les a liés pour toujours.

The Associated Press - Le pilote Charles Leclerc

Source: The Associated Press - Le pilote Charles Leclerc

Changement de garde

L’éclosion de Charles Leclerc, combinée à l’ascension fulgurante de Max Verstappen puis à l’émergence de Lando Norris et Alexander Albon, ne mentent pas : c’est un changement de garde qui est en train de s’opérer en F1.

Au cours de la décennie qui s’achève, Lewis Hamilton et Sebastian Vettel se sont partagé les championnats; seul Nico Rosberg a réussi à interrompre cette domination, en 2016. Alonso et Rosberg partis, il reste encore trois champions du monde en activité : Raikkonen, Hamilton et Vettel. Le premier aura bientôt 40 ans (en octobre) et le second entreprendra la prochaine saison à l’âge respectable de 35 ans. Quant à Vettel, il vient d’avoir 32 ans, mais sa dernière conquête remonte à 2013. Et depuis le début de la saison, Leclerc a clairement eu le dessus sur celui qui aurait dû être son chef de file (et celui de l’écurie Ferrari).

La prochaine décennie sera celle de Leclerc et Verstappen. Leur rivalité, déjà bien installée, remonte au karting, et elle s’annonce féroce. Les rôles sont bien définis, avec Mad Max dans le rôle du bad boy. Lando Norris jouera lui aussi les premiers rôles – chez McLaren ou ailleurs, tout dépendra de la progression de cette écurie qui émerge, doit-on le rappeler, d’un long passage à vide. Et n’oublions pas Ricciardo et Ocon, si Renault parvient à rebondir.

Lance Stroll fera-t-il partie de la future « liste A » ? Plusieurs observateurs ont déjà lancé la serviette, mais ils vont peut-être s’en mordre les pouces : son père a acheté une écurie en lambeaux, ne l’oublions pas, et il fallait au moins une saison pour remettre la maison en ordre. La superbe course de Perez, à Spa, a montré que les évolutions avaient enfin porté fruit et son coéquipier canadien a réussi à marquer un point malgré un départ en fond de grille (16e) à cause d’une pénalité-moteur.

Bref, le dernier droit de la saison s’annonce prometteur. Les prochaines années aussi. 

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