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Grand-Prix de Bahreïn | Le jour de la marmotte

Grand-Prix de Bahreïn | Le jour de la marmotte

Commençons d’abord sur une note positive : le Grand Prix de Bahreïn nous a montré le meilleur de la Formule 1, avec son lot de bagarres en piste incluant des luttes intraéquipes, entre les deux pilotes d’une même écurie, sans que leurs dirigeants n’interviennent pour les brider. On l’a vu chez Renault, mais aussi – et surtout – chez Ferrari, écurie naguère réputée pour l’interventionnisme de ses directeurs.

Le nouveau patron de la Scuderia, Mattia Binotto, affirmait avant la course qu’il ne forcerait pas Charles Leclerc, coéquipier de Sebastian Vettel et détenteur de la première place sur la grille de départ, à laisser le champ libre à son chef de file. Non seulement Binotto a tenu parole, mais il a donné toute la latitude à ses deux pilotes. Vettel a mieux réussi son départ que Leclerc et il a rapidement pris la tête de l’épreuve; on pouvait dès lors s’attendre à ce que la consigne d’équipe s’impose d’elle-même et que les deux pilotes reçoivent l’ordre de garder leurs positions. Or, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé : plus rapide, Leclerc a pu attaquer Vettel, qu’il a superbement dépassé. Un duel mano a mano dans les règles de l’art, acharné, mais propre.

C’est malheureusement tout ce que Ferrari a fait de bon pendant cette course. Pour le reste, on a assisté à un copier-coller des années précédentes : en lutte avec Lewis Hamilton pour la deuxième place, Vettel a encore craqué et Leclerc a perdu une victoire assurée à cause d’un bris mécanique. Pour se battre elle-même, la Scuderia n’a pas son pareil et ce qu’on a vu à Bahreïn ressemblait étrangement à la comédie d’erreurs des deux précédentes saisons. Les mêmes causes, les mêmes effets… On a beau changer les dirigeants, le résultat est le même. Doit-on rappeler que Ferrari dispose d’un budget colossal, lui permettant de recruter la crème de la crème dans tous les domaines ?

Et pourtant… C’est le même film chaque saison : le jour de la marmotte, version F1. En Australie, il y a deux semaines, les Rouges ont été battus à plate couture par Mercedes, c’est vrai; mais à Sakhir, ils sont revenus à leurs habitudes, sabotant eux-mêmes une victoire assurée (et peut-être un doublé, si Vettel n’avait pas encore gaffé).

The Associated Press

Source: The Associated Press

Je lis et j’entends souvent des commentaires d’amateurs qui se plaignent de la domination de Mercedes et de son impact négatif sur la F1. À cela, j’ai une réponse en deux parties : premièrement, la F1 est une discipline cyclique. Il y a eu la période McLaren, la période Williams, la période Ferrari et, plus récemment, la période Red Bull (quatre championnats d’affilée avant les cinq de Mercedes); deuxièmement, Vettel et Ferrari auraient pu briser ce cycle, mais ils ont commis trop d’erreurs. C’est particulièrement vrai lors des deux dernières saisons.

On a vu un Bottas transformé, il y a deux semaines, en Australie; Vettel devrait peut-être lui demander conseil… Dans son cas, le problème est clairement entre les deux oreilles. Et quand ce n’est pas lui qui gaffe, c’est son équipe. Pas un pour ramener l’autre, comme on dit.

Stroll invisible

Lance Stroll a bien entrepris la saison 2019, terminant devant son coéquipier Sergio Perez et récoltant deux précieux points dès sa première course avec la nouvelle écurie de son père, Racing Point. Il a retrouvé le sourire, ses fans canadiens aussi et il affichait son optimisme en arrivant à Sakhir.

Le retour sur terre a été brutal : pour lui aussi, cette course avait un air de déjà-vu. La médiocrité des Williams lui a évité l’odieux de se qualifier bon dernier et il a percuté Romain Grosjean en tentant de gagner des places lors du départ. Il s’est traîné en queue de peloton tout le reste de la course, à l’issue de laquelle il s’est classé 14e. Encore une fois, ce sont les Williams de Russell et Kubica qui lui ont évité l’humiliation de terminer au dernier rang.

Son coéquipier Sergio Perez a connu des qualifications difficiles (14e), mais il a sauvé l’honneur en terminant 10e, récoltant ainsi le dernier point disponible.

S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, il convient néanmoins de rappeler que, sous son ancien nom (Force India), cette écurie était « la meilleure des autres », derrière l’intouchable Top 3 (Mercedes-Ferrari-Red Bull) et ce, malgré un budget famélique (selon les standards de la F1). Avec de nouveaux propriétaires (et plus d’argent), les attentes sont élevées et force est d’admettre qu’après deux courses, c’est plutôt décevant : Haas, Renault, McLaren et Sauber devancent Racing Point. Heureusement qu’il y a Williams…

 

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