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Réseau de la santé

«Il y a un manque d’humanité»

«Il y a un manque d’humanité»
Getty Images

Après des années de temps supplémentaire obligatoire et du stress au quotidien, l’infirmière Marie-France Jean réfléchit à son avenir dans le réseau de la santé. 

L’histoire de Marie-France Jean a d’abord été racontée par Mylène Moisan, chroniqueuse au Soleil. 

Pendant près de 20 ans, Marie-France Jean a œuvré au CHUL. D’abord aux soins intensifs, puis aux soins intensifs pédiatriques. 

Déjà au début de sa carrière, elle était confrontée à la pénurie d’infirmières. Encore plus aux soins intensifs pédiatriques, un domaine très spécialisé et exigeant. 

TSO et santé qui lâche

Depuis la réforme Barrette, en 2015, ses conditions de travail se sont détériorées avec l’usage quasi-quotidien du TSO, le fameux temps supplémentaire obligatoire. 

Puis, en 2018, elle a commencé à avoir des migraines sévères et des tremblements qui l’ont empêchée de travailler.  

Pendant 3 ans, elle a consulté de nombreux spécialistes et a essayé une multitude de médicaments, mais en vain. Ses maux de tête incapacitants persistaient toujours. 

En août dernier, un diagnostic névralgie du nerf d’Arnold est enfin tombé. De nouveaux traitements sont amorcés et ils semblent prometteurs.  

«Je voulais retourner à mon travail. Mais le 6 août, ils ont coupé le lien d’emploi parce que ça fait 3 ans et que je ne suis pas encore revenue au travail. Mais je suis à la fin de mon rétablissement, je vois enfin la lumière. Je sais que je suis à trois, quatre ou cinq mois de revenir»

«Mais une semaine et demi après, ils m’ont rappelé en me disant qu’ils pouvaient me reprendre, mais il fallait que je commence immédiatement et à leurs conditions, ce qui pouvait augmenter mon stress. Ce qui n’était pas en ma faveur. Le stress est une des causes de la névralgie du nerf d’Arnold»

«C’est un cas qui est très révélateur. Il y a un manque d’humanité. On a toujours misé sur le fait que les infirmières étaient très dévouées et qu’elles pourraient toujours en faire un petit peu plus. Mais là, on est rendu au point où elles ne peuvent plus en donner un petit peu plus. Ça craque. Au cours des 20 dernières années, Marie-France a vu le réseau de déshumaniser avec de la gestion de numéros»

Marie-France Jean pense maintenant à son avenir dans le réseau de la santé et songe sérieusement à travailler en agence, afin d'avoir des conditions de travail plus humaines. 

«Le problème est gouvernemental. Il est haut placé. C'est leur façon de gérer. Il n'y a aucune réforme qui a amélioré le système. Elles ont toutes détérioré notre système de santé au détriment de tous les êtres humains sur le plancher, toute profession confondue»

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