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Crise à l'Université d'Ottawa

«On assiste à une espèce de dérive» - Dominique Anglade

«On assiste à une espèce de dérive» - Dominique Anglade
Domionique Anglade
PC

Près de 600 professeurs de cégeps et universités ont signé une lettre pour appuyer la professeure de l'Université d'Ottawa qui a prononcé le mot nègre en classe, ce qui lui a valu une suspension de quelques jours.

Verushka Lieutenant-Duval est chargée de cours à l’Université d’Ottawa. Elle a été suspendue par la direction à la suite de plaintes d’étudiants.

Ces professeurs réclament une politique claire dans le but de protéger l'intégrité des connaissances.

«On assiste à une espèce de dérive parce que, dans une université, on veut s'assurer d'être capable d'avoir la liberté de débattre, la liberté d'expression (...) qui viennent aussi avec des responsabilités. Quand tu utilises le mot nègre, tu ne peux pas l'utiliser pour insulter, pour humilier, pour inciter à la haine, mais pour raconter une historique, pour raconter le mouvement de la négritude, l'évolution des choses. (...) Je comprends aussi que c'est un mot qui est chargé émotivement (...) Les mots ont un sens, mais il ne faut pas qu'on arrive qu'on ne soit plus capable d'utiliser les vrais mots sinon on ne sera pas capable d'évoluer ensemble et d'avoir un dialogue constructif. Je ne pourrai jamais cautionner la censure.»

Le gouvernement Legault réagit

Questionné au sujet de la controverse à l'Université d'Ottawa, le premier ministre François Legault a qualifié l'affaire de «dérapage important». 

En entrevue avec Bernard Drainville, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault et la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann ont également dénoncé la situation. 

«C'est un dérapage important qui est inquiétant. C'est comme si on avait une police de la censure. Faut vraiment arrêter ça»

«Ça n'a pas de bon sens. On s'entend, ce mot ne doit plus être utilisé au quotidien, dans la vie courante. Mais dans un contexte de formation, de liberté académique et de liberté d'expression qui doit venir avec une formation universitaire, je considère que si on se met à aseptiser nos contenus de formation, on va finir par éroder l'histoire. Or, l'histoire, on ne peut pas la réécrire. On ne peut pas enlever des notions au gré de la rectitude politique sans compromettre la formation» 

«C'est très malheureux ce qui se passe à l'Université d'Ottawa. Ici au Québec, il y a un consensus. On n'en veut pas de dérapage. La liberté académique, on doit protéger ça. Mais il faut être très sensible à ce que nous amènent les étudiants»  

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