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«Je n’accepterai pas qu’on salisse mon intégrité» -Martin Prud’homme

«Je n’accepterai pas qu’on salisse mon intégrité» -Martin Prud’hommeMartin Prud'homme (Archives SPVM)
Martin Prud'homme
Le directeur de la Sûreté du Québec est impliqué dans un processus de destitution du gouvernement du Québec

20:10

Le directeur de la Sûreté du Québec est impliqué dans un processus de destitution du gouvernement du Québec

Martin Prud'homme, directeur général de la Sûreté du Québec

Détails

Par l’entremise d’un rapport, un comité d'experts conclut que le directeur de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme, a commis une faute déontologique suffisamment grave pour être destitué par le gouvernement. Entrevue avec le principal intéressé.

Rappelons que M. Prud'homme a été relevé provisoirement de ses fonctions, en mars 2019.

On a appris vendredi que la Commission de la fonction publique va enquêter sur les agissements de M. Prud'homme. 

Elle devra ensuite recommander ou non sa destitution. 

C'est ce qu'a annoncé la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, sans dévoiler les détails de ce qui est reproché au directeur de la SQ.

Le contexte des allégations

«On m’a appelé l’an passé afin de me dire que je devais me présenter au bureau du premier ministre, à Montréal. J’ai compris à mon arrivée qu’il y avait un problème… On m’a alors expliqué que j’étais relevé de mes fonctions. J’étais incapable d’avoir des explications sur le contexte des allégations. J’ai ensuite rencontré une personne du Bureau des enquêtes indépendantes. [...] En mars de l’année suivante, on m’a de nouveau convoqué à Québec. Deux grandes surprises m’ont jeté par terre : j’étais blanchi de l’aspect criminel. La personne m’a ensuite expliqué le contexte des allégations : c'était lié à un appel fait à la Directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP)… Par la suite, on ajoute qu’un comité d’experts a été créé pour évaluer mon dossier...»

L'appel téléphonique

«Depuis 2011, j’entendais des rumeurs à propos de moi et de Robert Lafrenière. Je n’étais pas marié avec lui, mais avec sa fille ! J’ai tout fait pour mettre des pare-feu. Ceci dit, au printemps 2017, je comprends qu’il y a une enquête sur Guy Ouellette. […] J’ai appelé la DPCP, Annick Murphy, sous recommandation d’un collègue de travail à la SQ. J’ai dit que ça concernait une enquête sur Guy Ouellette, un ami. J’ai dit aussi que j’entendais des rumeurs de salissage à mon endroit; j’ai ajouté que j’entendais que ses procureurs doutaient de moi et que cela allait sortir dans les médias… J’ai dit que c’était inacceptable. J’ai dit que tout ça allait entacher l’institution qu’est la Sûreté du Québec…»  

Rappelons que des allégations criminelles ont été formulées par les enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendantes sur les fuites à l'UPAC et sur la façon dont celle-ci a influencé l'enquête qui a mené à l'arrestation de Guy Ouellette en octobre 2017.

Le comité de trois experts

Un comité de trois experts estime que Martin Prud'homme a commis une faute déontologique suffisamment grave pour être destitué, à cause de cet appel effectué auprès de la DPCP.

En entrevue avec Paul Arcand, M. Prud'homme a notamment affirmé qu'il est déçu de la décision du gouvernement du Québec.

 

«Durant l’été 2020, le procureur du gouvernement a indiqué à mes avocats que mon retour à la direction de la SQ était une fin de non-recevoir. Non seulement ça, il a précisé que je ne pourrai plus jamais travailler au gouvernement du Québec. Ce qu’on m'explique alors, c’est que je dois annoncer ma retraite et qu’à ce moment, on va arrêter le processus disciplinaire à mon endroit… On attaquait donc mon intégrité. C’était plus facile que de me destituer, puisque cela nécessite un vote au deux tiers des députés à l’Assemblée nationale. Je ne sais pas ce que je vais faire… Je suis encore directeur de la SQ... Je n’accepterai pas qu’on salisse mon intégrité. Le gouvernement me connaît très mal…»

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