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Yves-François Blanchet, loin du «goon» d'autrefois

Yves-François Blanchet, loin du «goon» d'autrefois

OTTAWA — C'est un Yves-François Blanchet tout sourire et l'air décontracté qui apparaîtra sur les pancartes électorales aux quatre coins du Québec.

Pourtant, il n'y a pas si longtemps, le politicien était reconnu pour ses coups de gueule et son tempérament bouillant.

L'ancien péquiste s'est mérité le surnom de «goon» lorsqu'il s'est fait le défenseur de sa chef, Pauline Marois, aux prises avec une mutinerie au sein de sa propre équipe, en 2011. Il était resté fidèle à Mme Marois et n'avait pas hésité à donner des mises en échec à ceux qui menaçaient de claquer la porte.

«L'image de dur à cuire que j'ai eue, c'était très circonstanciel, se remémore-t-il, assis à une table dans un gymnase d'un centre communautaire à Pointe-aux-Trembles. C'était parce que quelqu'un devait le faire, parce que je trouvais inacceptable que Pauline se fasse brasser comme ça.»

Comme ministre de l'Environnement du gouvernement Marois, M. Blanchet a encaissé des coups pour sa première ministre — en permettant l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, en autorisant l'inversion du pipeline 9B d'Enbridge, en allant de l'avant avec la cimenterie McInnis en Gaspésie.

Après sa défaite à l'élection de 2014, M. Blanchet s'est aventuré dans le monde médiatique. Il a fondé, en Mauricie, TAG.média, qui a dû fermer après à peine plus de trois mois. Par la suite, il a partagé ses analyses de l'actualité politique dans les journaux de Groupe Capitales Médias et au «Club des Ex» sur RDI.

L'an dernier, le commentateur politique avait publié un message sur Twitter, suggérant que les partisans de la Coalition avenir Québec étaient homophobes. En réponse aux critiques, il avait rétorqué: «Ça vous déplaît? Je m'en fous un peu, vous savez. Je commente».

M. Blanchet avait bien été approché par des bloquistes dès 2016. Il a récemment révélé qu'à cette époque-là, il croyait que le caucus n'en était qu'au début de sa division et non à la fin.

Lorsqu'il a décidé de devenir chef du Bloc québécois, en janvier dernier, c'était «avec la volonté très, très sincère de remonter toute cette affaire-là», dit-il. Le parti se relevait du court passage de Martine Ouellet, qui a quitté ses fonctions dans le tumulte en juin 2018.

Dorénavant, il n'est pas question de montrer l'image d'un parti chicanier.

L'objectif est de ratisser plus large, de miser sur l'environnement et la création de richesse afin de justifier la souveraineté.

«On a le droit de prendre des positions, des décisions et des initiatives comme Québécois, y compris sur le plan économique. Et je suis très confiant que, quand on va réaliser qu'on n'a jamais perdu ce talent-là, même s'il s'est étiolé dans les dernières années dans la perception qu'on voulait nous en donner, ça pourrait redonner le goût de l'indépendance à bien du monde», soutient M. Blanchet.

Le chef bloquiste répète depuis peu qu'il veut obtenir la confiance des électeurs afin d'augmenter sa députation à un minimum de 20 députés. «Les gens ne sont pas obligés de voter pour nous autres. Il faut qu'ils en aient le goût», répète-t-il, tant aux journalistes qu'à ses candidats.

Avec des intentions de vote autour de 20 pour cent au Québec, le Bloc québécois pourrait s'avérer un incontournable dans plusieurs circonscriptions où une lutte à trois se dessine.

Pour freiner cette montée, M. Blanchet se dit bien conscient que les autres chefs tenteront de le faire sortir de ses gonds. «Mes adversaires vont tous me chercher là. Ils vont tous dire: "hey, si on réussit à faire péter un plomb à Blanchet, on va avoir du fun". Ça n'arrivera pas», avertit le principal intéressé, sourire en coin.

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