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Trudeau surpris et déçu de la démission de Wilson-Raybould

Trudeau surpris et déçu de la démission de Wilson-Raybould PC/Adrian Wyld
Le premier ministre Trudeau et la ministre Wilson-Raybould en 2015

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré être « surpris » et « déçu » de la démission fracassante de la ministre des Anciens Combattants, Jody Wilson-Raybould, qui quitte alors que plusieurs questions restent en suspens sur le dossier de SNC-Lavalin.

« Si elle avait l'impression que le gouvernement n'avait pas bien fait sa job, n'avait pas respecté toutes les normes, c'était sa responsabilité de venir m'en parler à l'automne, ce qu'elle n'a pas fait », a déclaré M. Trudeau en marge d'un événement à Winnipeg, mardi.

« Honnêtement, oui, je suis déçu de sa décision, parce que je ne la comprends pas au complet », a-t-il soutenu, ajoutant qu'elle ne reflétait pas les conversations qu'il a eues avec elle dans les derniers jours.

Le premier ministre, qui a perdu sa seule ministre autochtone, a assuré que son gouvernement était résolu à poursuivre la réconciliation avec les Premières Nations.

« L'engagement de notre gouvernement envers la réconciliation va au-delà d'une seule personne », a-t-il souligné.

La démission de l'ex-ministre de la Justice et procureure générale survient moins d'une semaine après que le Globe and Mail eut écrit que le bureau de Justin Trudeau aurait exercé des pressions sur elle dans le dossier SNC-Lavalin.

Selon le quotidien, la garde rapprochée du premier ministre aurait tenté de la convaincre d'intervenir afin d'éviter à la firme québécoise un procès pour fraude et corruption, en lien avec ses activités en Libye.

« C'est le coeur lourd que je vous écris pour remettre ma démission en tant que ministre des Anciens Combattants et ministre associée à la Défense nationale », peut-on lire dans une lettre publiée sur le site internet de Jody Wilson-Raybould.

Sans mentionner explicitement le dossier SNC-Lavalin dans sa missive adressée à Justin Trudeau, elle se dit « consciente que plusieurs Canadiens souhaitent (qu'elle) discute d'enjeux qui ont été dans les médias au courant de la dernière semaine ».

Et Jody Wilson-Raybould, qui demeure députée, signale qu'elle a retenu les services de nul autre que Thomas Cromwell, juge à la retraite de la Cour suprême du Canada, afin de déterminer quels enjeux elle peut « légalement discuter dans cette affaire ».

C'est le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui assume dès maintenant les responsabilités de ministre des Anciens Combattants par intérim, a-t-on indiqué.

Allégations démenties

Le premier ministre Trudeau a toujours démenti les « allégations » du Globe and Mail, qu'il a qualifiées de « fausses ».

Le professeur de droit à l'Université d'Ottawa Craig Forcese a publié samedi sur son blogue un texte où il explique qu'en vertu de la doctrine Shawcross, si l'exécutif donne des directives au procureur général dans un dossier pénal, cette personne devrait refuser et démissionner.

L'article paru jeudi dernier dans le Globe and Mail ne fait pas état de directives, mais plutôt de « pressions ».

La ministre n'a pas commenté ces informations, ni les a-t-elle niées. Mais avec sa démission, elle vient d'alimenter encore davantage les soupçons.

« Chaos »

Et aux yeux de l'opposition, ce rebondissement prouve qu'il y a anguille sous roche.

« Aujourd'hui, c'est clair que les manquements à l'éthique de Justin Trudeau et sa gestion de ce dernier scandale ont plongé le gouvernement dans le chaos », a réagi mardi le chef de l'opposition officielle, Andrew Scheer. Si cela n'était pas évident auparavant, la démission de Mme Wilson-Raybould indique très clairement que Justin Trudeau tente de cacher la vérité dans l'affaire SNC-Lavalin » , a-t-il ajouté en point de presse à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Selon le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, le fait que la ministre ait quitté le cabinet témoigne « de l'ampleur de la crise qui secoue le gouvernement Trudeau » et de l'« ampleur des maladresses » de son bureau.

Au Nouveau Parti démocratique (NPD), le chef Jagmeet Singh a déclaré qu'il avait été « consterné d'entendre récemment que la pression du premier ministre Justin Trudeau et de son bureau (...) aurait pu mener à son congédiement du poste de procureure générale ».

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