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Cannabis: l'âge minimum légal passera de 18 à 21 ans

Cannabis: l'âge minimum légal passera de 18 à 21 ans Photo: Pexels.com

QUÉBEC — Les jeunes Québécois de 18 à 21 ans qui consomment actuellement du cannabis en toute légalité seront jugés hors-la-loi, dès que le projet de loi déposé mercredi à l'Assemblée nationale entrera en vigueur.

Le projet de loi numéro 2 défendu par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, vise deux objectifs: hausser de 18 à 21 ans l'âge légal minimum pour acheter et consommer du cannabis, en plus d'interdire la substance controversée dans tous les lieux publics, incluant les parcs et les terrains de jeux.

Le Dr Carmant, un neurologue, a maintes fois affirmé qu'il était préoccupé par les effets du cannabis sur le cerveau encore mal formé des adolescents et des jeunes adultes de moins de 25 ans.

En Chambre, il a illustré son propos en faisant référence à des images de résonnance magnétique d'un «enfant qui a consommé de façon chronique et répétée du cannabis» et qui voit «son cerveau rapetisser au fur et à mesure de sa consommation».

Aux critiques de l'opposition, il a répliqué sur un ton dramatique en parlant d'«un enfant qui arrive à l'urgence en coma» ou encore de «la détresse d'un parent qui voit son enfant devenir psychotique».

Lors d'une mêlée de presse, le premier ministre François Legault a tenu à livrer un message aux jeunes pour leur dire que le cannabis était un produit «dangereux», qui pouvait entraîner «des problèmes graves comme la schizophrénie».

La ligne dure prônée par le gouvernement Legault dans ce dossier ne surprendra cependant personne, étant donné que la Coalition avenir Québec (CAQ) en avait fait un de ses principaux engagements électoraux. La CAQ s'était aussi engagée à agir rapidement. Il s'agit du deuxième projet de loi déposé par le nouveau gouvernement.

Le projet de loi fera l'objet de «courtes consultations» particulières.

La mairesse Valérie Plante est déçue 
Valerie Plante est «extrêmement déçue» des modifications à la loi sur le cannabis prévues par le gouvernement Legault.

La mairesse de Montréal n'avait que des critiques face aux resserrements de la loi, notamment l'augmentation de l'âge de consommation à 21 ans et l'interdiction de consommer du cannabis dans les lieux publics.

En point de presse mercredi matin à Montréal, Mme Plante a d'abord dénoncé ce qu'elle a qualifié d'atteinte au principe de l'autonomie des villes.

Ensuite, elle a fait valoir que dans une ville où 60 pour cent des habitants sont locataires et risquent de ne pas avoir le droit de consommer chez eux, l'interdiction dans les lieux publics était difficilement justifiable.

Valérie Plante a également rappelé que la Ville a travaillé en profondeur en amont de la légalisation avec des experts, le SPVM, la santé publique et autres pour développer sa propre position.

Le rehaussement de l'âge légal à 21 ans est selon elle une erreur, car les consommateurs de 18 à 20 ans devront s'approvisionner auprès du crime organisé et les produits ne seront nullement contrôlés, ce qui l'inquiète.

Par ailleurs, elle s'est insurgée face à l'idée de devoir consacrer des ressources policières pour contrôler ce que les gens consomment alors qu'elle estime qu'il est plutôt essentiel pour ses policiers de s'occuper de sécurité publique, de criminalité et de circulation.

Mme Plante a souligné avec force que depuis la légalisation, il y a presque deux mois, aucun problème particulier de sécurité publique n'est survenu.

Elle a dit espérer vivement que la Ville de Montréal sera invitée à participer aux consultations restreintes que doit tenir le gouvernement Legault sur son projet de loi. 

Ottawa n'a pas l'intention d'intervenir en cour

Il est hors de question que le gouvernement fédéral intervienne si un citoyen choisissait de contester la loi québécoise pour hausser l'âge de consommation du cannabis à 21 ans.

«Non, on n'a pas l'intention d'intervenir du tout dans une poursuite judiciaire, a indiqué la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, mercredi. C'est complètement la responsabilité de la province du Québec de choisir l'âge de la consommation.»

Elle a tenu ces propos quelques heures après le dépôt d'un projet de loi à Québec pour faire modifier l'âge minimum requis pour consommer cette drogue, qui est devenue légale au pays en octobre. En vertu de la loi fédérale, les jeunes âgés d'au moins 18 ans peuvent s'en procurer.

«C'est sûr que pour nous, l'objectif du projet de loi était de s'assurer que les jeunes n'allaient pas avoir accès au cannabis et aussi nous voulons déplacer le marché noir», a-t-elle rappelé.

Le Québec a le droit de prendre ses propres décisions en la matière, a également souligné le premier ministre Justin Trudeau tout en déplorant qu'«un jeune de 18 ans, cette semaine, pourrait aller acheter du cannabis de façon légale, mais dans quelques mois, peut-être devra seulement aller l'acheter chez les Hell's».

«Ce sont des questions auxquelles le gouvernement (du Québec) devra répondre, mais ils feront leurs décisions comme ils ont droit de le faire», a-t-il remarqué.

Il s'agit d'une deuxième ligne de fracture entre Québec et Ottawa sur la question du cannabis. Le gouvernement Trudeau avait déjà exclu de contester la loi québécoise qui interdit la culture du cannabis à domicile. La loi fédérale permet de faire pousser jusqu'à quatre plants de cannabis par résidence.

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