• Accueil
  • «Qu’est-ce que je peux offrir de mieux?» -Paul Arcand
La motivation de Paul Arcand

«Qu’est-ce que je peux offrir de mieux?» -Paul Arcand

«Qu’est-ce que je peux offrir de mieux?» -Paul Arcand
Cogeco Media

Paul Arcand en entrevue. Avouons que c’est plutôt rare. D’ordinaire, c’est l’animateur de Puisqu’il faut se lever au 98.5 qui pose les questions.

Il a accepté le rôle de l’interviewé auprès de son collègue Bernard Drainville qui poursuit sa série de grandes entrevues du jeudi d’ici la fin de la saison.

D’entrée de jeu, Paul Arcand a quelque peu démystifié l’un des aspects de son travail qui fascine le plus les auditeurs : cette capacité de travailler tôt et de se lever encore plus tôt.

Au fait, à quelle heure le réveil?

« Trois heures moins le quart, en gros. Disons que la première alarme se fait entendre à trois heures moins le quart (rires) et j’en ai deux, trois de secours jusqu’à trois heures. Mais à trois heures, il faut que je sois levé. »

Celui qui travaille aux aurores pour une émission du matin depuis désormais 32 ans, assure que « ce n’est pas un enjeu » pour lui.

« Je sais que pour bien des gens, ça parait…. Je n’ai pas de difficultés à me lever. On est comme tout le monde. On a hâte aux vacances, on a hâte de se reposer, mais ce n’est pas un combat quotidien. »

Celui qui se définit comme un homme de nouvelles note que ce qui est le plus dur avec le temps, c’est d’ajuster les plans bouleversés d’émissions comme ce fut le cas cette semaine avec la tuerie au Texas.

Le roi des ondes

Paul Arcand domine parfois outrageusement les sondages des émissions matinales, au point qu’on le surnomme souvent le roi des ondes.

« C’est pompeux pour rien. Ce n’est pas tellement ma nature non plus. C’est vrai qu’on a du succès. Je vais prendre l’exemple de la dernière année… Je l’ai dit en ondes. Les résultats qu’on a, c’est trop. C’est un sondage que je trouve surévalué pour toutes sortes de raisons. On a eu la pandémie, la guerre… 

« La radio, c’est ça. Quand il y a un événement – la pandémie a duré deux ans -, c’est sûr qu’il y a un intérêt des auditeurs. Il y a une consommation, entre guillemets, plus importante. Radio-Canada en profite. J’en profite. Les radios musicales en arrachent un peu plus. Je prends ça avec la plus grande modestie. Il y a quelqu’un qui va demander un recomptage…

« On est tout le temps en sondage. Pour moi, ce n’est pas une préoccupation. Je ne suis pas toujours en train de penser à ça. Au contraire… Je me dis tout le temps: « Qu’est-ce que je peux offrir de plus? Qu’est-ce que je peux offrir de mieux? » Et ça se traduit par des résultats. 

La deuxième génération

À un moment, Paul Arcand rencontre par hasard sur la rue un de ses auditeurs dans la trentaine. Ce dernier lui explique qu’il lui a longtemps été imposé par son père, quand il l'amenait à l’école.

« Il m’a dit : « Vous m’avez irrité pendant des années. Je vous haïssais. Moi, j’aurais écouté CHOM… J’aurais écouté autre chose ». Et c’est normal. Il dit : « Au fil du temps, j’ai commencé à travailler et à payer des impôts. Je me suis dit qu’il faudrait peut-être que je m’intéresse à…»

« C’est la deuxième génération. Je me rends compte que je suis imposé à beaucoup de monde (rires). Je pense que c’est la présence. C’est l’habitude, aussi. La radio, c’est beaucoup ça. J’essaie de réveiller les gens de la façon dont j’aimerais être réveillé. C’est-à-dire, tel sujet m’intéresse… Je ne fais pas de trip personnel, mais j’ai des préoccupations, comme tous les citoyens. 

« Si j’avais à te donner un ingrédient… c’est le fait que nous ne sommes pas unidimensionnels. On n’est pas juste dans le hard news et je ne suis pas juste en train de brasser du monde et de me pogner. On a un équilibre avec des moments plus légers, où on s’amuse un peu plus. C’est une combinaison d’émotions. »

Et sur cet aspect, Paul Arcand admet qu’il a changé depuis ses débuts.

« C’est clair. Je pouvais me pogner beaucoup plus longtemps…. Il y en a qui me reprochent de m’être ramolli. Pendant la pandémie, j’aurais dû me pogner (selon eux) avec tout ce qu’il y avait de membres du gouvernement. Ça m’arrive encore, mais je me garde le droit d’être choqué et d’être indigné. Il y a des situations où tu te dis que ça n’a pas de bon sens. »

Celui qui a réalisé des documentaires sociaux, mais pas politiques, croit beaucoup à « l’influence collective » en dépit de sa notoriété.

« Si je porte une affaire tout seul… Pas grand-chose. Mais si plusieurs personnes ou plusieurs médias sont sensibles sur une question, ça risque de changer les choses. »

Et qui est le ou la personne la plus redoutable à être interviewé(e)?

Sans préciser un nom en particulier, Paul Arcand parle des difficultés inhérentes – quoique différentes – lors d’entretiens avec Pierre-Elliott Trudeau, René Lévesque et d’autres personnes moins connues et ainsi que techniques d’entrevues.

Et, finalement, Paul Arcand est-il le même homme en privé qu’en public?

« La radio… On ne peut pas être un personnage. Ce n’est pas une pièce de théâtre. On ne joue pas un rôle. Jouer un rôle trois, quatre heures par jour, ça ne marche pas.

« Est-ce que je suis comme ça dans la vie? Oui. Est-ce que j’ai un humour noir? La réponse est oui. Est-ce que je suis cynique? Oui. Est-ce que, des fois, je me pompe? La réponse est oui. Mes enfants, ma femme, mes amis pourraient te dire ça. Moi, je suis comme ça. J’aime rire. »

Vous aimerez aussi

L’écoute en direct débutera à la suite de ce message publicitaire.
Puisqu'il faut se lever
En ondes jusqu’à 10:00
En direct
75
Votre version d'internet explorer est trop basse. Utilisez au moins la version 11 ou un navigateur récent comme Google Chrome.