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Affaire Ward-Gabriel

«Est-ce qu’on peut rire de tout en cognant toujours sur le même clou?» -MC Gilles

«Est-ce qu’on peut rire de tout en cognant toujours sur le même clou?» -MC Gilles

La décision de la Cour suprême dans le litige opposant Jérémy Gabriel à Mike Ward – qui a tranché à cinq contre quatre en faveur de ce dernier – n’a pas fini de faire jaser.

La Cour suprême a estimé que Ward n’avait pas fait preuve de discrimination envers Gabriel avec ses blagues à son endroit dans son spectacle il y a plus de dix ans.

Ayant sous la main un humoriste qui a d’ailleurs enseigné à l’École nationale de l’humour de 2010 à 2017, l’animateur Patrick Lagacé a demandé à son collaborateur MC Gilles sa position sur l’affaire.

Avec beaucoup de nuances et une évidente maîtrise des tenants et des aboutissants, ce dernier a commenté le dossier.

« Mike Ward contre Jérémy Gabriel, c’est un peu plus complexe que ça. Il y a plusieurs choses à expliquer. La première : la Cour suprême devait analyser la décision du tribunal sur les droits de la personne. Les juges ont souligné que Jérémy Gabriel aurait pu poursuivre Mike Ward au civil, en diffamation, harcèlement, et là, la décision aurait pu être toute autre. 

« Tout ça pour dire que, oui, dans le milieu de l’humour, les gens accueillent mieux une décision de ce côté-là que de l’autre. J’imagine la décision contraire à 5 contre 4… On se poserait à ce moment beaucoup plus de questions quant à savoir quelle blague on a le droit de faire, quelle blague on n’a pas le droit de faire.

« Ce qui m’intéressait dans cette cause, c’est : Qu’est-ce qui est une blague, oui, mais quelle est la différence entre faire une blague qui est dure et difficile pour certains, qui est drôle quand même pour d’autres, et qu’est-ce qui est la ligne du harcèlement? Et c’est là que c’est complexe.

« Si on fait une blague une fois… Dans le cas de Mike, il le faisait dans le cadre de son spectacle, ça va. Mais si tu la fais plus de 200 fois en sachant que ça brimait quelqu’un parce que cette personne-là avait déjà énoncé qu’elle était victime de railleries à l’école, qu’on blaguait sur lui, donc, c’est là que le questionnement arrive. En humour, on l’avait déjà et je pense que l’on doit continuer à avoir cette réflexion.

« Oui, on peut rire de tout, mais est-ce qu’on peut rire de tout en cognant toujours sur le même clou? Et cette décision-là, à cinq contre quatre, souligne à grands traits cette question-là. »

Indépendamment des séquelles liées à ce processus qui a duré plus d’une décennie et du verdict de la Cour suprême comme tel, est-ce que l’un ou l’autre des deux protagonistes a profité de cette cause?

« Les deux ont souffert. Je ne nie pas ça. Je regardais Jérémy Gabriel ce matin : c’est un gars affecté. Je pense que Mike a été très affecté par ça, aussi. Mais je vais résumer ainsi…

« D'un côté, j’ai vu Mike Ward dire : je ne ferai pas de commentaires. Si vous voulez avoir mes commentaires, vous écouterez et vous regarderez mon podcast de dimanche soir. Et pour ça, il faut s’abonner à son podcast et c’est 7 dollars. (…) Et de l’autre côté, j’ai entendu Jérémy Gabriel dire : je vais vous raconter mon histoire. Je vais vous vendre un livre que je vais écrire. Et peut-être qu’il va y avoir une série là-dessus.

« Je pense que oui, ça a mis deux personnages dans l’espace public et on va les voir encore pour des dizaines d’années, parce qu’ils vont en profiter un petit peu. »

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