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Les meneurs du Canadien doivent-ils parler français?

Les meneurs du Canadien doivent-ils parler français?PC/Graham Hughes

La question revient périodiquement sur le tapis : les joueurs du Canadien de Montréal doivent-ils parler en français?

Le chroniqueur Brendan Kelly, du quotidien The Gazette, soutenait lundi dans sa chronique What the Puck que les leaders non francophones de la formation devraient savoir minimalement s’exprimer en français. Pas le joueur de quatrième trio qui va demeurer seulement 18 mois à Montréal, mais bien les meneurs de la formation.

Kelly, un journaliste anglophone bilingue, a précisément visé le capitaine Shea Weber, le gardien vedette Carey Price et la bougie d’allumage qu’est Brendan Gallagher. Tous des Canadiens nés dans l’ouest du pays. Price et Gallagher n’ont jamais joué ailleurs qu’à Montréal.

En entrevue avec Patrick Lagacé et Philippe Cantin à l’émission Le Québec maintenant, Kelly a précisé sa pensée.

« Je ne dis pas qu’ils doivent être bilingues. Ce n’est peut-être pas réaliste. Mais quand ils font des entrevues en direct sur la patinoire après les matchs avec Marc Denis, de RDS, est-ce trop de demander à Carey ou à Brendan de dire juste quelques phrases en français? Pour moi, c’est un signe de respect envers le public francophone. »

Kelly a eu cette idée de chronique après avoir vu Ken Dryden à Tout le monde en parle, qui s'exprime toujours bien en français à 72 ans, lui qui a appris la langue dans les années 1970 à Montréal, lors de sa carrière de joueur.

« Cette drôle, parce qu’à cette époque, Ken Dryden parlait français , Larry «Big Bird » Robinson parlait français, Bob Gainey, évidemment, parlait français… Ce sont tous des Canadiens anglais qui sont venus ici et qui se sont dit : on est au Québec, la majorité de nos fans sont francophones, c’est une question de respect. Là, c’est complètement perdu et je trouve ça dommage. »

Entièrement d’accord sur le fond avec le chroniqueur de The Gazette, Philippe Cantin apporte toutefois une perspective historique importante.

« Il y a un facteur qu’on ne retrouve plus aujourd’hui et qui est essentiel. A l’époque de Dryden et Robinson, la moitié de l’équipe était formée de joueurs francophones. Ces anglophones baignaient dans un vestiaire ou il entendait continuellement parler français. Mais aujourd’hui, parce qu’il y a très peu de joueurs francophones avec le Canadien, les joueurs francophones sont très peu mis en contact avec le français. »

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