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Jean-Marc Fournier quittera la vie politique à la fin de son mandat

Jean-Marc Fournier quittera la vie politique à la fin de son mandat Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Député de Saint-Laurent et leader parlementaire du gouvernement Couillard, Jean-Marc Fournier, a annoncé lundi qu'il ne se présenterait pas sa candidature lors des prochaines élections à l'automne.

QUÉBEC — Jugeant avoir «bouclé la boucle» et vouloir laisser la place à de nouveaux visages, Jean-Marc Fournier a annoncé lundi après-midi qu'il quittera la vie politique à la fin de son mandat.

Le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne et leader parlementaire du gouvernement met ainsi fin à sa carrière politique après une vingtaine d'années à l'Assemblée nationale.

«Je crois que le tour de piste est fait, la boucle est bouclée jusqu'à un certain point, a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Québec. J'aime encore la politique, mais le chemin est fait. Si on veut des nouveaux visages, il faut qu'il y en ait qui quittent.»

M. Fournier affirme qu'il consacrera les prochains mois à terminer son mandat et qu'il appuiera le premier ministre Philippe Couillard dans l'autobus de campagne en vue des prochaines élections, prévues pour le 1er octobre.

Élu pour la première fois député de la circonscription de Châteauguay en septembre 1994, après une tentative ratée de se faire élire au fédéral en 1988, il aura d'abord été pendant quatre ans porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes, puis leader adjoint de l’opposition officielle.

Au cours de sa carrière, il aura occupé les fonctions de ministre de l'Éducation, des Affaires municipales, du Revenu et de la Justice.

En 2008, il avait annoncé qu'il ne solliciterait pas de nouveau mandat, affirmant avoir besoin de recul. Il sera finalement réélu en 2010 lors d'une élection partielle dans Saint-Laurent, circonscription qu'il a conservée lors des deux élections suivantes.

Dans la foulée de l'élection de 2012 qui a brièvement porté le Parti québécois au pouvoir, M. Fournier a également agi à titre de chef de l'opposition officielle par intérim, en remplacement de l'ex-premier ministre Jean Charest.

M. Fournier avait déjà amorcé une réflexion quant à son avenir politique l'an dernier, lorsqu'il avait été éclaboussé par des allégations du chef du syndicat des policiers de Montréal, Yves Francoeur. Celui-ci avait déclaré que M. Fournier et l'ancien ministre Raymond Bachand avaient échappé à une enquête criminelle pour fraude et trafic d'influence.

À la suite d'une enquête, la Sûreté du Québec avait toutefois jugé que ces allégations étaient non fondées.

Interrogé à ce sujet par les journalistes, lundi, Jean-Marc Fournier a admis que l'affaire a fait partie de sa réflexion.

«Quand on prend une décision comme celle-là, on fait la colonne des plus et des moins. Il est dans la colonne des moins, mais ce n'est pas l'élément majeur de ma décision», a-t-il noté.

M. Fournier a par ailleurs insisté pour dire que la place occupée par les libéraux dans les plus récents sondages, qui placent le parti de Philippe Couillard derrière la Coalition avenir Québec dans les intentions de vote, n'a pas joué dans sa décision de tirer sa révérence.

«Je ne fuis pas, je suis convaincu qu'on va gagner la prochaine élection. Mais je crois que pour gagner la prochaine élection, il faut présenter de nouveaux visages, qui vont arriver avec des horizons différents.»

Quant à ses projets post-politique, le ministre a dit vouloir prendre une pause après la campagne et affirme ne pas avoir réfléchi à ses possibilités d'avenir, disant toutefois qu'il n'envisageait pas un retour dans un poste électif, tant au provincial qu'au fédéral.

Il ne ferme toutefois pas la porte à un futur travail visant à promouvoir la «Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes», qu'il avait dévoilée l'an dernier au côté de Philippe Couillard.

«Si tant est que quiconque voudrait en apprendre ou en faire plus dans ce domaine, dans l'horizon politique ou académique, cela me plairait», a-t-il confié.

Il a également confirmé qu'il ne renoncera pas à la prime de transition à laquelle il aura droit en fin de mandat, lui qui avait déjà obtenu une prime de départ de 145 000 $ lors de sa première pause, en 2008.

«Ça fait partie de nos conditions de travail», s'est-il justifié.

Hommages de collègues

En marge d'un événement à Montréal, le ministre Gaétan Barrette a dit qu'il «estime beaucoup» son collègue pour «son talent et son sens de la politique».

«Je n'ai que de bons mots à dire à propos de M. Fournier», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il accueillait cette nouvelle avec «une certaine tristesse».

Les collègues de M. Fournier de toutes les couleurs politiques avaient d'ailleurs de bons mots pour lui sur les réseaux sociaux.

«Bonne chance, Jean-Marc Fournier. Un peu jeune pour la retraite», a blagué le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Le député péquiste Sylvain Pagé a quant à lui salué le départ d'un «ami».

«Un adversaire redoutable que tout le monde aurait aimé compter dans son équipe: vif d’esprit et compétent. Pour moi, un ami sincère. Et c’est parfois ce que la politique offre de plus beau: une amitié, une vraie. Merci Jean-Marc», a-t-il écrit.

Le départ de M. Fournier s'ajoute à celui confirmé récemment de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui avait annoncé vouloir quitter à la fin de son mandat, pour des raisons personnelles et familiales.

Les députés Guy Hardy (Saint-François), Karine Vallières (Richmond), Pierre Reid (Orford) et André Drolet (Jean-Lesage) ont déjà annoncé qu’ils ne solliciteraient pas un autre mandat.

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