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30 ans de Polytechnique | La culpabilité demeure chez les étudiants

30 ans de Polytechnique | La culpabilité demeure chez les étudiantsPhoto: Shaney Komulainen / La Presse canadienne

Jean-Simon Venne était étudiant à la Polytechnique le 6 décembre 1989. Il a exprimé son sentiment de culpabilité au micro de Bernard Drainville, alors qu’il s’était caché plutôt que de tenter d’arrêter le tireur.

 

«J’ai l’impression que j’aurais pu faire quelque chose cette journée-là, mais je ne l’ai pas fait. Particulièrement quand on sait comment ça s’est déroulé par la suite, une fois qu’on comprend la trame exacte, on pense qu’on aurait pu sauver des vies définitivement.»

Le témoin de l’attentat du 6 décembre 1989 raconte qu’il étudiait et que des gens lui disaient qu’un intrus était en train de tirer dans le bâtiment. Il partage donc qu’il est allé se cacher à ce moment-là plutôt que d’aider à remédier à la situation. Il suivait les ordres que les autres gens témoins lui donnaient.

«J’étais sur un des étages supérieurs en train d’étudier. Je me souviens d’être sorti d’un local et d’avoir croisé des gens soupçonnant qu’il y a un homme qui tirait en bas. Les gens d’en bas m’ont donc dit de monter d’étage. Je suis allé me réfugier dans un local du cinquième étage. Je suis seul dans ce local-là et on attend.»

Lorsqu’il est allé se réfugier, il cherchait alors un endroit où s’isoler par peur que le tireur réussisse à rentrer dans la salle où il se retrouvait étant donné que la porte ne se barrait pas. Très impliqué dans la vie étudiante, il avait la clé d’un local au troisième étage et va finalement se retrouver là. Sur son chemin, il va remarquer l’ampleur des dégâts de l’attentat.

«En arrivant au troisième étage, j’ai vu une personne au sol avec du sang un peu partout. À partir de ce moment-là, j’ai vraiment compris que c’était réel. Je continue alors mon plan de match pour me rendre à mon local de génie industriel qui était très proche de la dernière classe, là où tout va se finir et lorsque je referme la porte, j’entends deux coups de feu à ce moment-là. J’ai empilé toutes les chaises ensemble devant la porte et j’ai attendu.»

Il conclut qu'il ressent encore un sentiment de culpabilité et qu'il se préoccupe toujours de la sécurité de ses enfants lorsqu'ils sortent le soir. Venne a relaté qu'il ne parvient pas à bien dormir quand ses enfants ne sont pas rentrés de leur sortie nocturne.

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