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Libéraux et caquistes croisent le fer sur la laïcité et l'immigration

Libéraux et caquistes croisent le fer sur la laïcité et l'immigration
Le premier ministre du Québec, François Legault

QUÉBEC — Le temps commence sérieusement à manquer, mais le gouvernement Legault tient absolument à faire adopter deux de ses projets de loi — le projet de loi 9 sur l'immigration et le projet de loi 21 sur la laïcité de l'État — avant l'ajournement des travaux prévu ce vendredi, le 14 juin. 

Pour y arriver, le gouvernement garde toutes ses options ouvertes, y compris une prolongation des travaux durant le week-end et la semaine prochaine, voire l'imposition de bâillons pour mettre un terme aux échanges en court-circuitant les règles parlementaires.

«On n'exclut rien», a réaffirmé le premier ministre François Legault, mercredi, en mêlée de presse.

Il tient l'équipe libérale, qui forme l'opposition officielle, responsable de la situation, l'accusant de privilégier les tactiques «d'obstruction» pour retarder l'adoption des projets de loi, ce que nient les libéraux, disant vouloir au contraire trouver «des voies de passage».

Pour preuve, le chef libéral par intérim, Pierre Arcand, a fait une proposition pour accélérer l'adoption du projet de loi 9: demander au gouvernement de renoncer à éliminer les 18 000 dossiers de candidatures en attente de traitement.

Dans le passé, le gouvernement a toujours refusé ce scénario, prétextant que ces personnes s'étaient inscrites sous l'ancien programme du premier arrivé premier servi, alors que le nouveau programme mise sur les habiletés professionnelles.

«Les libéraux continuent de faire de l'obstruction», a martelé M. Legault, qui maintient qu'il est «urgent» d'adopter les projets de loi 9 et 21.

Dans le dossier de l'immigration, M. Legault fait valoir que le Québec connaît une pénurie de main-d'oeuvre, que le projet de loi 9 devrait contribuer à amoindrir.

Le «sens des responsabilités» 

Il a dit en appeler «au sens des responsabilités de Pierre Arcand» pour que les projets de loi 9 et 21 soient adoptés le plus rapidement possible.

Dans les deux cas, on en est à l'étape de l'étude détaillée article par article, qui est loin d'arriver à son terme malgré de nombreuses heures d'échanges.

Dans le dossier de la laïcité, le gouvernement avait jeté du lest la veille, en consentant finalement à déposer un amendement au projet de loi 21, définissant ce qu'est «un signe religieux».

Chose certaine, le projet de loi 21, dont l'étude a débuté il y a seulement une semaine, n'est pas prêt à être adopté d'ici vendredi, a commenté le leader parlementaire libéral, Sébastien Proulx.

Si le gouvernement Legault choisit de mettre un terme aux débats dans les prochains jours, malgré le fait que l'étude des projets n'est pas complétée, il pourrait devoir en payer le prix politique, selon le chef libéral Pierre Arcand.

«Nous, on pense que le gouvernement aura certainement des difficultés, particulièrement avec le 21», a-t-il dit, en conférence de presse, rappelant que la législation controversée incluait une clause dérogatoire et des modifications à la Charte des droits de la personne.

«C'est assez fondamental», a-t-il estimé, disant juger le projet de loi 21 «difficilement applicable».

Le projet de loi 21 prévoit interdire à toute une série d'employés de l'État (policiers, gardiens de prison, enseignants du primaire et du secondaire et directeurs d'école du réseau public) de porter des signes religieux dans l'exercice de leurs fonctions.

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