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Une enseignante lance un cri du coeur; la commission scolaire veut la congédier

Une enseignante lance un cri du coeur; la commission scolaire veut la congédierPhoto: Wikimedia Commons

Cet automne, l’enseignante Kathya Dufault a lancé un cri du cœur au collègue Patrick Lagacé du quotidien La Presse sur les conditions difficiles qui l’ont poussée à prendre un congé sans traitement.

Plutôt que de la soutenir et de l’outiller, la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles a décidé d'entamer une procédure de congédiement à son endroit.

Cette nouvelle a fait réagir Bernard Drainville aujourd’hui:

«Madame Dufault est sous le choc et ne va pas en rajouter, mais nous on va faire notre part par contre pour lui dire qu’on trouve ça inacceptable qu’elle soit punie et sanctionnée parce qu’elle a dit la vérité! Pas parce qu’elle a menti… on veut la sacrer dehors parce qu’elle aurait, selon la fameuse lettre de congédiement qu’elle a reçu: ‘miné le lien de confiance des parents envers l’école publique’. La commission scolaire, plutôt que de dire: ‘C’est vrai ce qu’elle dit, on va travailler avec elle et les autres enseignants pour essayer de régler les problèmes’… non non! Ils ont décidé de lui régler son cas et faire taire les autres qui pourraient être tentés de vouloir prendre la parole.»

Nathalie Bouyer, présidente du Syndicat de l’enseignement des Basses-Laurentides, de même que des dizaines d’enseignantes et enseignants sont allés manifester lundi midi devant les bureaux de la commission scolaire à St-Eustache afin de dénoncer l’atteinte à la liberté d’expression que subit madame Dufault.

«Pour nous c’est une première! De vouloir mettre quelqu’un dehors parce qu’elle a dénoncé des situations qui sont intenables […] C’est une enseignante qui simplement a dit: ‘Assez c’est assez!’ et voilà où nous en sommes aujourd’hui à l’aube de Noël. […] L’esprit de solidarité de ceux qui sont ici à moins de deux heures de préavis, j’espère que ça va lui donner l’énergie et lui permettre de savoir qu’elle est appuyée de plein de profs qui vivent la même chose qu’elle, mais qui n’ont pas osé le dire!»

Par voie de communiqué, la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles a tenu à réagir sans pour autant expliquer les raisons de sa décision.

Ce n’est pas la libre expression qui est en cause dans ce dossier. De tout temps, des employés de la CSSMI ou d’autres commissions scolaires se sont exprimés dans les médias pour attirer l’attention sur des situations qu’ils jugeaient inacceptables. Jamais aucun employé de la CSSMI n’a été congédié pour avoir parlé aux médias. Notre organisation a une politique de communication claire au regard des rôles et des responsabilités de chacun, et le fait de s’exprimer publiquement ne constitue pas un motif de congédiement. Il faut également savoir que la CSSMI ne procède à des congédiements que de façon très exceptionnelle et qu’elle est soucieuse de maintenir un climat de bienveillance au sein de ses établissements. [...] Nous pouvons simplement dire que si l’ensemble des éléments de ce dossier avait été partagé publiquement, cela aurait suscité bien moins d’intérêt.

Écoutez l'entrevue que l'enseignante avait offerte à Paul Arcand le 25 octobre dernier.

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