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Festival Osheaga

Osheaga, jour 2: «Billie! Billie! Billie!»

Osheaga, jour 2: «Billie! Billie! Billie!»
Une foule en délire pour Billie Eilish / Tim Snow/evenko
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Attendue, Billie Eilish, en cette deuxième journée du festival Osheaga? Plutôt, oui.

Vers 9h30, samedi, une photo circulait sur les médias sociaux où l’on voyait une poignée de jeunes admiratrices patienter pour entrer sur le site. Certaines étaient là depuis plusieurs heures. Les festivaliers ne pouvaient pourtant franchir les barrières avant le début de l’après-midi et Eilish était attendue sur la scène de la Rivière… à 21h30.

La dernière fois que j'ai vu une telle fébrilité en attente d'une vedette à ce festival, je crois bien que c'est pour Eminem, en 2011.

En raison d’un report lié à la pandémie et d’une annulation pure et simple l’an dernier, l’Américaine de 21 ans n’était pas venue au Québec depuis son très bon concert offert à la Place Bell, en 2019, quand elle n’avait que 17 printemps.

Lorsque The Nationals a bouclé sa goûteuse prestation à 20h20, nous avons entendu les cris de «Billie! Billie! Billie!» provenant des spectatrices déjà massées à l’avant-scène. Or, le rappeur Baby Keem devait se produire sur la scène de la Montagne avant que sa jeune compatriote n’arrive à son tour.

Bilie Eilish était débordante d'énergie/Tim Snow/evenko

Source: Bilie Eilish était débordante d'énergie/Tim Snow/evenko

Vous aurez compris que lorsque les premières notes se sont fait entendre une heure plus tard, des hurlements stridents ont retenti. Elvis, les Beatles, les Backstreet Boys: chaque génération a ses héros de scène et de vie. Et désormais, il y a de plus en plus d’héroïnes.

La favorite de la foule au parc Jean-Drapeau a mis toute la gomme pour satisfaire ses fans qui ont permis au festival d’enregistrer 50 000 entrées pour la journée de samedi.

Énergie et production

Dès les premières chansons, on a pu mesurer le niveau d’énergie d’Eilish et la qualité de sa production. La chanteuse était secondée par son frère Finneas (guitare, claviers) et le batteur Andrew Marshall, tous deux installés sur la portion surélevée de la scène dont la rampe inclinée se voulait aussi un écran.

À un moment, la rampe est devenue une autoroute, à un autre, on voyait des cascades d’eau s’écouler – virtuellement – sur sa surface. Quant au véritable écran géant, il a servi à diffuser des images liées à diverses chansons. Celles liées à What Was I Made For?, tirée du film Barbie, étaient fort réussies. La chanson n’en était qu’à sa deuxième interprétation en spectacle, après Chicago la veille.

Si étoffée soit-elle, la production n’a pas pris le dessus sur l’interprète qui a subjugué son auditoire. Vêtue d’une tuque (qui a rapidement disparu), d’un haut et de shorts amples et colorés, et de baskets, Eilish, désormais brune avec des touches de rouge, a demandé à la foule de «perdre un peu la tête» avec elle et elle l’a fait réagir et sauter à sa guise. Son assurance semblait aussi grande que son sourire éclatant vu à maintes reprises sur les écrans.

Plaisir et performance

C’était peut-être le plus grand contraste avec son passage de 2019, où elle s’était bâti un univers visuel plutôt dense. Au parc Jean-Drapeau, le plaisir et la performance dominaient.

Performance en ce sens que Eilish s’est dépensée sans compter sur nombre de chansons en sautant de façon éperdue, comme si sa vie en dépendait. You Should See Me in a Crown avec la déplaisante araignée sur l’écran – je suis arachnophobe -, Oxytocin, All the Good Girls Go to Hell et Bad Guy, notamment, ont mené à des décharges d’énergie spectaculaires. Ce qui n’a pas empêché les moments touchants, comme lors du segment acoustique (I Love You, Your Power, TV) où la marée de cellulaires a été impressionnante au possible.

Billie Eilish/Tim Snow/evenko

Source: Billie Eilish/Tim Snow/evenko

Globalement, les 90 minutes de prestation ont été bien équilibrées avec des chansons de ses deux disques, Eilish alternant les ambiances et les rythmes ses Bury a Friend, My Strange Addiction ou idontwannabeyounoanymore, celle-là, particulièrement courte. Erreur de sa part, a-t-elle admis…

Un moment fort est survenu quand Eilish a demandé aux spectateurs s’ils connaissaient une chanson qui parlait de «Black top» de «Big t-shirt» et de «Billie Eilish»? Devant la réponse affirmative de milliers de festivaliers, Armani White, interprète de ladite chanson nommée Billie Eilish, est venu la chanter avec elle sur scène. Après le moment percutant, la chanteuse a dit qu’elle connaissait White - en concert dimanche -, mais que les deux ne s’étaient encore jamais rencontrés avant les trois minutes précédentes. Fort.

Intense, espiègle, déchaînée et charismatique, tout à la fois, Eilish fait corps avec ses admiratrices quand elle s’adresse à ces dernières, mais elle excelle aussi quand elle parle directement aux caméras mobiles qui retransmettent de façon décuplée ses émotions sur les écrans.

Billie Eilish/Tim Snow/evenko

Source: Billie Eilish/Tim Snow/evenko

Elle a même évoqué son premier passage à Osheaga, en 2016, quand elle avait 16 ans, il y a exactement cinq ans, le 5 août.

«Je m’étais foulé la cheville deux jours plus tôt. J’étais arrivée ici en béquilles.» Elle avait en effet offert sa prestation avec une botte orthopédique.

Rien de tel samedi, même si elle n’a pas ménagé la gomme sur les planches. Eilish aura fermé les livres après 90 minutes savourées pleinement par des milliers. Et quand elle a bouclé le tout avec Happier Than Ever, on se disait que c’était probablement son état d’esprit au quotidien désormais.

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