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Francos de Montréal

Le cinéma de Robert, le disco de Lisa et le plaisir de CdP

Le cinéma de Robert, le disco de Lisa et le plaisir de CdP
Robert Charlebois aux Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Pour conclure leur 34e présentation samedi soir, les Francos de Montréal ont offert la grande scène extérieure à Robert Charlebois et son à formidable spectacle Robert en CharleboisScope, comme dans cinémascope.

En fait de cinémascope, cela a bien failli être le cinémaflotte tellement le début de soirée était placé sous le signe d’une pluie diluvienne. Devant la grande scène de la Place des festivals, les plus téméraires faisaient le gros dos avec les parapluies, mais il n’y avait pas foule. Du moins, pas encore.

Puis, quelques instants après le début de la représentation, quand on voyait défiler sur écran géant les images d’archives de Charlebois tel un documentaire d’un autre âge, la pluie s’est plutôt transformée en une fine bruine avant de disparaître peu à peu, ce qui a permis aux milliers de festivaliers d’apprécier ce concert du tonnerre.

Cela dit, Charlebois n’allait pas s’en laisser imposer.

«On n’est pas faits en chocolat! On va faire lever ce party-là!», a-t-il lancé à l’assistance qui remplissait rapidement le site, tout à coup. Cela dit, de quoi est fait Robert Charlebois?

Tout de blanc vêtu en début de concert, celui qui aura 79 ans la semaine prochaine affichait une forme, une fougue et une voix digne d’un homme 30 ans plus jeune. Et ça tombait bien, parce que Robert en CharleboisScope nous offre une quantité d’immortelles du répertoire du Garou original.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Avec son groupe de neuf musiciens chevronnés, Charlebois nous transporte en mots, en images et en musique dans son passé qui est aussi le nôtre. Durant Dolorès, on voit une succession de voitures animées qui vont de pair avec l’énumération des modèles d’antan. Pour Les ailes d’un ange, la foule ne se fait pas prier pour crier «Québec!» là où il le faut.

Un régal pour les yeux

Durant Tout écartillé, de superbes images psychédéliques viennent soutenir la chanson, tandis que pendant Fu Man Chu, se sont les images du film Un génie, deux associés, une cloche qui mettait en vedette Charlebois aux côtés de Terence Hill et de Bud Spencer qui défilent sous nos yeux. J’ai beau avoir vu ce spectacle lors des premières représentations en 2019, l’effet d’émerveillement n’est pas estompé une seconde.

On a beau le savoir, il est renversant de constater à nouveau le large spectre des grands auteurs, plumes vives et personnalités qui ont écrit les paroles d’un tas de chansons de Charlebois. Réjean Ducharme (Mon pays), Pierre Bourgault (Ent’deux joints), Claude Péloquin (Lindberg), Marcel Sabourin (Tout écartillé, Te v’la), Mouffe (Ordinaire), Luc Plamondon (J’aime comme un fou) et Charlebois lui-même. Entendre ces mots et ces paroles, c’est aussi se replonger dans le Québec d’une autre époque tant les textes sont référencés par des lieux et des objets.

Un concert de Robert Charlebois sans Louise Forestier serait un peu déficitaire. La grande dame est venue partager la scène pour California et Lindberg avant de revenir pour La fin du monde.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Je ne sais trop si les jeunes dans la vingtaine ou la trentaine qui n’avaient peut-être jamais eu l’occasion d’entendre le duo interpréter Lindberg ont réalisé à quel point ils ont été choyés. Savourer une interprétation de ce calibre de cette chanson qui a 55 ans cette année (1968), ça n’avait pas de prix.

Encore une fois, la foule s’est manifestée durant l’interprétation de Je reviendrai à Montréal avant que Charlebois ne termine le spectacle multimédia avec une violente Te vl’à.

Terminé? Pas tout à fait. Comme au cinoche, la foule est demeurée massée devant le grand écran durant le générique pour apprécier une version d’Ordinaire interprétée sur pellicule par un Robert environ 50 ans plus jeune. Magique, peu importe l’époque.

La discothèque de Lisa

Qui pourrait bien partager la scène avec Lisa LeBlanc?, s’est-on visiblement demandé, au sein de l’équipe de programmation des Francos. La réponse pas si évidente avait pour nom : le Cirque Alphonse. Et, ma foi, c’était un choix qui cadrait parfaitement avec la musique et l’état d’esprit de l’Acadienne.

Frédérique Ménard-Aubin/Francos de Montréal

Source: Frédérique Ménard-Aubin/Francos de Montréal

Lisa LeBlanc, son groupe du tonnerre, les funambules, les compositions de son album Chiac Disco et ses classiques ont fait vibrer le centre-ville de la métropole, mardi. Nous avions droit à une foule de succès du passé (J’pas un cowboy, Kraft Dinner, Cerveau ramolli), à des nouveaux titres (Dans l’jus, Veut-tu rentrer dans ma bubble?) et même à un trio de titres en anglais.

Un peu étonnant dans ce dernier cas, mais pas tant, quand on sait que la chanteuse vient d’une province bilingue et que plus 40 % des chansons qu’elle a enregistrées sont en anglais. Cela dit, l’ovation de plus de deux minutes – montre en main – à la fin d’Ace of Spades, de Motörhead, qu’elle a enregistrée, indiquait qu’elle a visiblement fait plaisir à bien des gens.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Avec LeBlanc, un concert est un peu comme un manège d’auto-tamponneuses. Ça ressemble toujours à un joyeux bordel à la sauce folk, pop, country, c’est vivifiant et on y danse avec plaisir. Tous les éléments étaient retenus encore une fois.

Avec son ensemble coloré et affublée de sa cape en début de spectacle, LeBlanc avait l’air d’une Batgirl disco qui allait prendre toute la place sur la scène avancée au parterre. Cet espace lui a bien servi, mais aussi à ses musiciens Sunny Duval (guitare) et Benoit Morier (basse) qu’aux acrobates du Cirque Alphonse. Lisa elle-même s’est transformée en toupie quand deux membres du cirque en patins à roues alignées l’ont soulevé de terre pour la faire tournoyer dans leurs bras.

Frédérique Ménard-Aubin/Francos de Montréal

Source: Frédérique Ménard-Aubin/Francos de Montréal

Bien sûr, dans les dernières minutes du concert, tous et toutes ont entonné en chœur Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde qui contrastait complètement avec le moment de plaisir vécu.

Le bonheur de Cœur de pirate

«Il y a 15 ans, on disait que j’étais la saveur de l’été. Je suis très contente d’être la saveur de l’été 15 ans plus tard.»

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

C’est ainsi que Cœur de pirate s’est adressée à la foule, dimanche dernier, avant de conclure son concert extérieur avec Comme des enfants qui a eu droit à une chorale de milliers de festivaliers.

En 2008, elle faisait notamment la première partie de Benjamin Biolay au Club Soda, du temps des FrancoFolies. Deux ans plus tard, elle se produisait pour une première fois sur la grande scène principale qu’elle retrouvait enfin. Et pour l’occasion, elle y a mis le paquet.

La plus grande valeur ajoutée à cet événement fut la présence des cuivres qui ont, soit magnifié, soit dynamité les offrandes. Golden Baby était pimpante, Ava était plus mélodique que jamais, Danse et danse a eu droit à un pont de trompette exquis, et, dans les dernières minutes du concert, Adieu et Oublie-moi ont été presque pétaradantes.

Tout cela n’a pas empêché une seconde Béatrice Martin de transformer à place des Festivals en studio d’écoute en s’installant à son piano pour des interprétations dénudées de Place de la République et Perséides.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Elle a aussi partagé la scène avec des tas d’invités : Alexandra Stréliski (Mistral gagnant), Gab Bouchard (Dépotoir), Loud (Dans la nuit), Ariane Moffatt (Debout), Georgio (Flou) et K Maro (Femme Like You). Du nombre, les participations avec Stréliski, Moffatt et K Maro ont été les plus réussies.

Cela dit, s’il y a quelque chose qui crevait les yeux, c’était le perceptible bonheur de Cœur de pirate à être là et à communiquer avec le plus grand nombre. Au cours des ans, on l’aura vue discrète, mais dimanche, elle exultait de plaisir et de bonheur, au point de danser et de virevolter dans sa robe translucide qui lui allait à merveille. Une grande communion commune.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

La bombe Armanet

Il était une fois une jeune chanteuse française nommée Juliette Armanet qui confectionnait de jolies chansons sur son disque Petite amie (2017). Ceux qui étaient à l’Astral, en 2018, s’en souviennent. La Juliette Armanet cuvée 2023 a quelque peu changé. Elle est beaucoup plus proche de celle que les festivaliers ont vu en 2022, lors de son concert extérieur aux Francos.

Mais cette année, dans le MTelus, sans crainte d’être embêtée par les éléments, elle a pu donner sa pleine mesure et ce fut explosif. On pourrait résumer la prestation de la Belge ainsi : une attitude fonceuse et volontaire à la Johnny Hallyday, une gestuelle à la Céline Dion et une énergie digne d’une séance de cardio, genre, la tournée Physical d’Olivia Newton-John il y a plus de 40 ans au Forum. De la dynamite.

Photo promotionnelle

Source: Photo promotionnelle

La Belge a offert l’intégralité des chansons du disque Brûler le feu (2021) qui a mené à son virage stylistique que l’on pouvait déjà mesurer avec Boom Boom Baby, en ouverture. D’une chanson à l’autre, Armanet et son groupe de solides musiciens étaient baignés dans des couleurs monochromes, le plus souvent des couleurs chaudes.

Ça collait parfaitement avec la vitalité sur scène et les réactions, du parterre au balcon. L’artiste a d’ailleurs décidé de se promener de l’un à l’autre, passant du parterre, au beau milieu de la foule, durant J’te le donne, avant de terminer la chanson dans la loge Est du balcon, où elle a interprété Imaginer l’amour, en la dédiant à un spectateur. Humour et convivialité étaient de mise. Vertigo a suivi et elle a enveloppé toute l’assistance.

De retour sur la scène, le changement de costume pour Le dernier jour du disco a fait de l’effet. Vêtue d’un ensemble argenté à paillettes, ce dernier reflétait dans nos yeux toutes les lumières braquées sur Armanet. L’effet était saisissant. Brûler le feu a été à la hauteur de son titre tellement la salle était surchauffée à ce moment, avant que l’irrésistible Tu me Play nous amène au rappel.

Trois chansons plus tard, Juliette Armanet bouclait son concert sur le coup de minuit avec un chapitre de plus à son récent parcours québécois.

La prochaine fois? La salle Wilfrid-Pelletier ou la Place Bell?

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