Le cycliste Hugo Houle est devenu cet été le premier Québécois de l’histoire – et le premier Canadien depuis Steve Bauer en 1988 – à remporter une étape du Tour de France.
Joint par l’animateur Mario Langlois à Monaco où il réside depuis trois ans, Houle est au repos depuis les Grand Prix cyclistes de Québec et de Montréal où il a dû abandonner. Raison : un problème de glande thyroïde.
« Je reprends des forces. Ça va beaucoup mieux. J’ai plus d’énergie. Je continue les tests. À date, on n’a rien vu de particulier ou d’alarmant. »
Lorsqu’il a remporté la 16e étape du Tour de France, Houle a franchi la ligne d'arrivée en songeant à son frère décédé dix ans plus tôt. Il a maintes fois mentionné que cette victoire d’étape était son but depuis cette tragédie.
Avec quelques mois de recul, comment se sent-on quand on a accompli le rêve d’une vie?
« Je me sens bien, c’est sûr. C’était beaucoup d’émotions sur le coup. Ça déroule très vite une fois que la victoire est acquise. Avec le temps, j’ai quand même pu apprécier. Ça fait plusieurs années que je travaille pour ça. C’était un rêve. Je n’avais aucune idée si j’allais réussir un jour.
« De l’avoir accompli, ça m’a amené toute une gamme d’émotions. Surtout qu’en plus, il y avait l’histoire avec mon frère là-dedans, alors ça a rendu la chose encore plus intense pour moi. Ce sont de très beaux moments. C’est pour ça qu’on fait du sport, pour ces journées-là qui apportent autant d’émotions qu’on met des années… des heures d’entraînement, des sacrifices. C’est quand ça arrive que ça paie. »
Il admet qu’il a pu mesurer l’impact auprès des Québécois quand il est revenu au pays pour les prix cyclistes.
« On ne va pas chercher souvent un auditoire en dehors des passionnés ou du monde du cyclisme, mais là, je sentais vraiment qu’il y avait pas mal de monde au Québec qui avait entendu parler de moi au Tour de France. Ça m’a fait chaud au cœur de voir que les gens avaient apprécié. J’ai fait vivre un beau moment aux gens devant la télé. »
Le film de la journée
Est-ce qu’il revoit le film de la journée? Quel fut le plus beau moment?
« Pour moi, principalement, quand j’étais sur le vélo, c’est quand j’ai compris que j’allais gagner. À environ sept kilomètres de l’arrivée, une moto est venue me donner un écart d’une minute. Là, c’était clair que j’allais arriver tout seul. Je ne le croyais pas trop.
« C’est surtout les derniers 500 mètres qui étaient chargés d’émotion. Parce que dans les premiers 30 kilomètres (sur 40) où j’étais seul, c’était vraiment focus dans l’effort pour faire le maximum. Je n’avais que 30 secondes (d’avance) sur le coureur derrière. À quatre kilomètres de l’arrivée, je n’étais pas dans l’émotion du tout. J’avais plus mal aux jambes. »
Parfois, Hugo Houle travaille pour un coéquipier mieux placé, mais cette édition du Tour de France lui a offert de belles opportunités qu’il a su saisir.
« Une bonne partie de mon rôle est dédié à l’équipe. Avec les années, je suis de plus en plus performant, ce qui m’amène plus d’opportunités. Cette année, on était là pour faire des échappées spécialement comme je l’ai fait, donc cibler des étapes. J’avais 100 % ma carte à jouer. Sur ce Tour de France-là, je ne travaillais pour personne. »