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Les problèmes psychiatriques d'Abdulla Shaikh

«La liberté, sur papier c'est beau, mais en pratique ça donne autre chose!»

«La liberté, sur papier c'est beau, mais en pratique ça donne autre chose!»
Photo: Boris Zhitkov / Getty Images
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Le jeune homme soupçonné de trois meurtres en 24 heures à Montréal et Laval, cettre semaine, a été libéré par la Commission d’examen des troubles mentaux malgré le fait qu’il représentait un risque important pour la sécurité du public. Certaines personnes contestent d'ailleurs la flexibilité des conditions qui ont permis sa libération.

Vendredi matin, l'animateur Louis Lacroix a récité un passage de l'évaluation de Abdulla Shaikh, 26 ans, qui avait été faite avant qu'il soit remis en liberté.

«Il a été hospitalisé pendant un certain temps. Il y a eu cinq passages devant la commission d'examen qui mènent finalement à une libération, et ce, même si à un moment donné ce fameux comité dit : "En l'absence de cadre et/ou de suivi, [le comité] est convaincu de la probabilité que monsieur s'engage dans un comportement criminel entraînant des préjudices physiques ou psychologiques. Il est également clair pour [le comité] que le préjudice qui pourrait en découler puisse être grave. La commission conclut que l'accusé représente, toujours en raison de son état mental, un risque important pour la sécurité du public." Et pourtant il s'est retrouvé à l'extérieur !»

Pour le médecin psychiatre à l’Institut Philippe-Pinel, le Dr Gilles Chamberland, il y a deux visions de pensée qui s'affrontent dans un cas comme celui du jeune homme.

«D'un côté, les droits et libertés des individus sont protégés par la charte et la Cour suprême a déjà décidé quel va être le barème dans une commission d'examen. Si quelqu'un ne représente pas un danger sérieux pour la société, il doit être libéré inconditionnellement! Le problème vient de là.»

Le psychiatre explique donc qu'un jugement qui offre des conditions ou des limitations pour un individu doit débuter par une formule soutenant qu'il demeure un danger réel et sérieux pour le public.

Dans le cas d'Abdulla Shaikh, le Dr Chamberland explique que le comité avait le droit d'émettre des conditions à la remise en liberté du jeune homme pour protéger la société, mais les moins privatives possibles dans les circonstances. Il souligne que le noeud du problème est d'ailleurs à cet endroit. Trop souvent, les gens sont remis en liberté contre les avis médicaux.

C'est donc, selon lui, la conception philosophique de la liberté contre la conception médicale qui s'affrontent et, malheureusement, dans ce cas-ci c'est la société civile qui en paie le prix.

«Ça prend un très haut niveau de danger pour la société, sinon on libère la personne. [...] Nous sommes obligés de continuer à suivre ces patients-là, alors ce sont deux conceptions qui s'affrontent. Quand la Cour suprême dit qu'un patient ne représente pas un danger sérieux pour la société il doit être libéré... sur papier c'est beau! On est tous pour la liberté, mais en pratique ça donne autre chose!»

-> Écoutez le Dr Gilles Chamberland, qui analyse le contexte psychiatrique du principal suspect des trois meurtres survenus récemment, l'encadrement des mesures de libération entourant les patients psychiatriques et les conséquences pour le public de toute cette problématique.

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