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Pas question d'une «Crise d'Oka 2.0» assure le Grand Chef mohawk

Pas question d'une «Crise d'Oka 2.0» assure le Grand Chef mohawk
Le Grand Chef du conseil mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon
Photo: La Presse canadienne

MONTRÉAL — Le Grand Chef du conseil mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon, assure qu'il n'est aucunement question de revivre une nouvelle crise d'Oka. Dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux lundi matin, il tient à calmer le jeu en insistant sur le fait que sa communauté ne recherche que «la paix et la cohabitation harmonieuse».

La lettre adressée aux Québécois est une réaction aux récentes couvertures médiatiques concernant la volonté d'un promoteur de céder des terrains aux Mohawks et la controverse soulevée par la réaction du maire d'Oka.

«Il me semble nécessaire de faire publiquement cette déclaration à la lumière des récentes couvertures médiatiques qui tendent à vouloir dépeindre la situation actuellement comme précurseur d'un nouveau conflit semblable à celui vécu en 1990», écrit M. Simon.

À cette hypothèse, il répond sans détour que pour lui: «Il n'est pas question de "Crise d'Oka 2.0"». Toutefois, «il y a bel et bien problème», affirme le Grand Chef.

S'il reconnaît que les enjeux liés aux droits des Autochtones sont complexes et que certains citoyens peuvent avoir de la difficulté à comprendre l'importance du processus de réparation des erreurs du passé colonialiste du Canada, cela ne justifie pas tous les comportements.

«La méconnaissance et l'ignorance ne justifient pas l'inaction ni les déclarations à caractère raciste», écrit Serge Otsi Simon dans sa lettre publiée en anglais et en français sur la page Facebook du conseil mohawk de Kanesatake.

Sur ce point, il vise directement le maire d'Oka, Pascal Quevillon, à qui il reproche d'utiliser «un langage colonialiste» dans son opposition à la rétrocession de terrains aux Autochtones.

Selon M. Simon, sa communauté a été traumatisée et a subi de profondes blessures durant la Crise d'Oka. Il estime que le maire devrait comprendre qu'il est dans l'intérêt supérieur de tous de ne pas chercher la confrontation en ravivant les vieilles blessures.

Ottawa blâmé

D'après Serge Otsi Simon, les progrès effectués dans les relations entre Ottawa et les Autochtones depuis les années 1990 font en sorte qu'il n'y a pas de raison d'avoir à revivre un conflit armé.

Le Grand Chef souligne que plusieurs choses ont changé depuis 1990 en citant notamment diverses commissions organisées par le gouvernement fédéral, la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et la mise en place d'une table de négociation avec Ottawa.

Malgré tout, il blâme le gouvernement fédéral pour sa négligence à dénouer l'impasse sur le statut des territoires de Kanesatake. Un enjeu qui aurait dû être réglé depuis bien longtemps, mais qui traîne toujours.

Pour le leader de la communauté mohawk de Kanesatake, la méconnaissance des Québécois pour la réalité et l'histoire des Premières Nations représente une partie du problème.

Il raconte que des colons français et des Mohawks ont planté ensemble les pins blancs de la colline, vers 1870, afin de retenir le sable qui était balayé par le vent.

«Ce sont les arbres de la paix», conclut le Grand Chef Simon qui souhaite que l'on retienne les leçons du passé pour éviter d'envenimer le débat.

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