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Les attaques des chefs de parti se font plus incisives

Les attaques des chefs de parti se font plus incisives
Le chef du Parti libéral et premier ministre sortant, Philippe Couillard
Photo: archives PC

Au moins deux chefs ont clairement identifié leur principal adversaire en vue de la dernière semaine de la campagne électorale québécoise.

Pour le chef libéral, Philippe Couillard, l'homme à terrasser est son rival caquiste François Legault; pour le péquiste Jean-François Lisée, l'adversaire numéro 1 est... Québec solidaire.

Et chacun a sorti un épouvantail de son chapeau pour dénigrer son adversaire désigné et porter la crainte au coeur d'un électorat jugé sans doute fragile et, par conséquent, susceptible à modifier son choix d'ici le 1er octobre.

M. Couillard est même allé jusqu'à évoquer le spectre d'un supposé référendum sur la souveraineté que tiendrait un gouvernement caquiste, malgré les nombreuses professions de foi fédéralistes de M. Legault.

« L'idée de l'indépendance n'est pas vraiment disparue de l'esprit de M. Legault », a persiflé M. Couillard.

M. Legault n'a pas tardé à lui jeter le gant.

Par Twitter, M. Legault a répliqué qu'en brandissant « l'épouvantail référendaire », Philippe Couillard était « à bout d'arguments ».

« Le seul référendum, c’est: après 15 ans de régime libéral, voulez-vous un autre quatre ans de gouvernement Barrette-Couillard? », a-t-il lancé.

La gauche secrète

Est-ce la montée de Québec solidaire (QS), qui pourrait priver son parti d'un certain nombre de victoires, mais le chef péquiste Jean-François Lisée se fait de plus en plus incisif et de plus en plus insistant dans ces attaques contre la formation de gauche.

M. Lisée lui a de nouveau reproché ce qu'il juge être un manque de transparence.

Il a attaqué QS sur trois fronts: la direction effective du parti, l'accessibilité du programme et l'idée d'utiliser le CELI à des fins environnementales.

Sur l'identité du chef, il n'en était pas à un coup d'essai; sur le programme prétendument caché, son attaque a fait plouf!

Le chef péquiste s'est rabattu sur le CELI. Il y voit une manière de contrôler l'argent des épargnants.

« Maintenant que QS dépasse les attentes, il doit être traité équitablement. Alors, discutons du fond des propositions, a-t-il avancé. C'est écrit qu'ils veulent prendre le contrôle des comptes d'épargne de 2,5 millions de Québécois et comme dans leur programme caché, ils disent qu'ils veulent nationaliser toutes les grandes entreprises, il y a une logique. »

Mais M. Lisée n'est pas tout à fait seul dans ces attaques contre Québec solidaire. Philippe Couillard a lui aussi décoché une flèche contre le parti.

il a remis en question le « réalisme » des promesses de Québec solidaire, estimées à 12,9 milliards $.

Ces critiques surviennent au moment où les solidaires gagnent des points dans les intentions de vote, au point de menacer les libéraux à certains endroits, comme dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion ou Sherbrooke, en Estrie.

D'après le chef libéral, l'impact budgétaire des promesses de QS allait enrichir les poches des banquiers.

Le CELI écologique

Le CELI critiqué par M. Lisée est une mesure avancée par Québec solidaire pour permettre aux Québécois de faire fructifier leurs économies tout en diminuant l'empreinte écologique de la province.

Dans ce CELI, un tiers des sommes investies permettrait d'offrir des prêts pour des rénovations résidentielles visant l’efficacité énergétique, par le biais par exemple de travaux d'isolation.

Les investissements déjà détenus dans un CELI fédéral seraient maintenus, de même que les exemptions fiscales rattachées, assure-t-on.

« C'est sensiblement la même chose, sauf que cette épargne-là servirait à faciliter la transition énergétique du Québec, fait valoir la co-porte-parole solidaire Manon Massé. L'épargnant, lui, fait du cash en faisant de l'intérêt qui est non imposable, et les fonds investis servent à des projets de transition énergétique.»

La dernière semaine

La CAQ a modifié ses plans en vue de la dernière semaine de la campagne électorale.

Sa caravane doit visiter ces prochains jours les régions de l'Abitibi, du Nord-du-Québec et du Saguenay, entre autres.

« Je suis confiant que la CAQ va faire des grandes percées dans toutes les régions du Québec, donc je vais aller les visiter », a justifié M. Legault.

L'horaire caquiste a été revu au courant de la journée de dimanche. Il était prévu que les autocars de campagne se rendent notamment dans les régions de la Mauricie et de la Capitale-Nationale.

Comme s'il s'attendait à être accusé d'arrogance, M. Legault a nié tenir les électeurs de ces régions pour acquis.

« Pas du tout, il reste encore huit jours (...) Là, ce que je sens, c'est qu'il y a un appel des régions pour avoir un gouvernement de la CAQ. Il ne fera peut-être pas chaud à certains endroits, mais on va s'amuser », s'est-il enthousiasmé.

M. Couillard, lui, compte entre autres rappeler les engagements de sa formation politique. Dimanche, la caravane du PLQ a effectué une série d'arrêts dans trois circonscriptions qu'il détenait à l'Assemblée nationale: Vaudreuil, Soulanges et La Prairie. Il s'est rendu dans Beauharnois et Montarville.

 

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