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Tentative d'ingérence de la Chine

La nuance entre tentative d'ingérence et succès d'ingérence

La nuance entre tentative d'ingérence et succès d'ingérence
Le premier ministre Justin Trudeau / PC/Sean Kilpatrick

Dès 2019, le premier ministre Justin Trudeau avait été mis au courant des allégations d’ingérence de la Chine lors de la course à l’investiture de Han Dong à titre de candidat dans une circonscription de Toronto.

Le premier ministre canadien a toutefois choisi de ne rien faire.

Patrick Lagacé en discute avec Thomas Juneau, professeur agrégé à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa, au lendemain du passage du premier ministre à la commission sur l'ingérence de la Chine.

Si le professeur n'a pas vraiment appris quelque chose de nouveau par les propos du premier ministre, il estime que la situation fut différente du grand public.

«Pour le grand public, c'était quand même très révélateur parce que ça ouvrait un peu le livre, ça ouvrait un peu la boîte noire du fonctionnement du gouvernement, surtout sur les questions de renseignement, de sécurité nationale qui, typiquement, ne sont pas très transparentes. Alors, même si les spécialistes n'ont peut-être pas appris grand-chose d'un point de vue beaucoup plus large, c'était utile, parce qu'il y a une dimension de transparence qui est intéressante, qui permet aux Canadiens de comprendre un peu mieux comment ça marche sur ces questions-là.»

Ce dernier apporte néamoins une mise en garde.

«Je pense qu'il y a une nuance importante qui se perd beaucoup dans les débats. Non seulement dans les débats partisans entre les conservateurs et les libéraux, mais aussi dans les médias. Souvent, on ne fait pas la différence entre une tentative d'ingérence par la Chine et un succès en matière d'ingérence par la Chine.

«La Chine a essayé de s'ingérer, ça, c'est vrai, ça, il ne doit y avoir aucun doute là-dessus. Mais quel impact a eu cette ingérence-là? Combien de gens ont changé leur vote ou ont choisi de ne pas voter? On parle donc de suppression dans ce cas-là en raison de l'ingérence de la Chine. Et ça, c'est très difficile à quantifier. C'est même pratiquement impossible. Puis là, le portrait n'est pas clair. Alors, avant d'en arriver à la conclusion de dire:  ''La Chine a réussi à changer le résultat des élections'', c'est là où je trouve qu'il faut être bien prudent.»

On l'écoute...

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