Stéphanie Vallée/PC/Jacques Boissinot
(98,5 FM) - Selon la députée péquiste Véronique Hivon, la ministre de la Justice Stéphanie Vallée est «sous tutelle» du bureau du premier ministre Philippe Couillard.
On en parle en ondes :

La députée a fait cette déclaration au micro de l’émission Dutrizac à la suite des récents développements dans les délais qui touchent le système judiciaire au Québec.

Mme Hivon s’explique mal pourquoi c’est un haut fonctionnaire (M. Denis Marsolais) et non la ministre et la sous-ministre de la Justice qui encadrent le plan d’action de 175 millions $ qui vise à réduire les délais qui persistent dans les cours de justice au Québec.

«On découvre que ce n’est pas la ministre de la Justice qui est responsable de la mise en œuvre de ce plan, mais bien qu’on a nommé un haut fonctionnaire qui loge au ministère de la Justice, mais qui relève du Conseil exécutif et du bureau du premier ministre, précise Mme Hivon. Ce n’est donc pas la ministre et sa sous-ministre qui s’occupent du déploiement du plan.

«C’est une mise sous tutelle claire de la ministre de la Justice par le bureau du premier ministre. C’est aussi un désaveu complet. C’est excessivement inquiétant, car on se demande aujourd’hui qui est redevable face à la population relativement à ces investissements.»

Pressé de toutes parts de réduire les délais indus qui ralentissent le système judiciaire, le gouvernement du Québec a adopté un plan d’action (embauches de procureurs, de greffiers, de juges, etc.) visant à éviter que des individus échappent à la justice à la suite de délais déraisonnables.

Mme Hivon s’inquiète aussi de la notion d’indépendance de la ministre de la Justice.

«La personne au gouvernement qui doit avoir le plus d’indépendance par rapport au premier ministre, c’est la ministre de la Justice. C’est la seule – on le dit souvent – qui peut dire non au premier ministre, parce qu’elle doit avoir une indépendance totale.»

La députée ne va toutefois pas jusqu’à dire qu’il y a ingérence politique directe dans le système de justice.

«Non, je ne vais pas jusque-là. Je veux qu’on comprendre vraiment le détail du mandat qui est donné à Monsieur Marsolais, qui relève directement du premier ministre. Je veux que le premier ministre nous explique pourquoi cette décision a été prise. Parce que j’espère qu’il comprend que le signal que ça envoie, c’est que c’est un désaveu de sa ministre de la Justice. »

Écoutez l’entrevue intégrale…