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Trudeau a appelé Trump pour discuter des menaces tarifaires

Trudeau a appelé Trump pour discuter des menaces tarifaires Photo PC/Archives/Sean Kilpatrick
Justin Trudeau et Donald Trump en 2017

WASHINGTON - Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a discuté au téléphone avec le président américain, Donald Trump, concernant ses menaces d'imposer des tarifs douaniers sur les importations américaines d'acier et d'aluminium.

C'est M. Trudeau qui a appelé le président américain, alors qu'il se prépare à annoncer dans les prochains jours l'imposition de tarifs importants sur l'acier et l'aluminium.

Selon certaines sources, le premier ministre Trudeau a dit au président que ces menaces n'aidaient pas le processus de renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

L'appel est apparemment resté cordial, mais il n'a pas permis de régler le litige, selon ces sources.

Le président américain Donald Trump a indiqué sur Twitter, tôt lundi matin, que les tarifs sur l'acier et l'aluminium pourraient être abandonnés si une nouvelle mouture de l'ALÉNA était favorable aux États-Unis.

« Nous avons d'importants déficits commerciaux avec le Mexique et le Canada, a-t-il écrit. L'ALÉNA, qui est en cours de renégociation, a été un mauvais accord pour les États-Unis. D'importantes relocalisations d'entreprises et d'emplois. Les tarifs sur l'acier et l'aluminium ne seront annulés que si un nouvel ALÉNA équitable est signé. »

Le président a aussi prévenu que le Canada doit mieux traiter les fermiers américains et que le Mexique doit faire plus pour empêcher les drogues d'entrer aux États-Unis.

M. Trump a évoqué des questions de sécurité nationale pour justifier la surtaxe de 25 pour cent sur les importations d'acier et une autre de 10 pour cent sur celles d'aluminium.

Pression interne

L'administration Trump fait toutefois l'objet d'une pression intense chez elle pour exclure le Canada, qui est le plus grand fournisseur d'acier et d'aluminium des États-Unis.

Le premier ministre Justin Trudeau, qui a répété plusieurs fois que le Canada était prêt à composer avec un large éventail de positions de la part de M. Trump, a déclaré la semaine dernière qu'« il est tout simplement insensé de souligner que le Canada et l'acier ou l'aluminium canadien peuvent poser une menace à la sécurité nationale des États-Unis ».

« C'est pourquoi c'est totalement inacceptable, et c'est un point que nous avons soulevé plusieurs fois, directement en personne auprès du président. C'est un point que nous allons continuer de presser auprès de tous les paliers de l'administration américaine », a-t-il ajouté lors d'un événement à Barrie, en Ontario.

L'administration Trump subit des pressions de part et d'autre pour exclure le Canada de l'imposition des tarifs douaniers, le voisin du nord étant un allié militaire des États-Unis et son plus grand fournisseur d'acier et d'aluminium importés.

L'ajout de tarifs pourrait rendre ces matériaux trop coûteux pour les entreprises américaines, ce qui nuirait au Canada et aux autres partenaires commerciaux des États-Unis. Les coûts pourraient également être refilés aux consommateurs en s'ajoutant aux prix des biens produits aux États-Unis et aux projets de construction.

L'administration Trump minimise toutefois l'impact que pourrait avoir la décision sur les coûts des biens sur le marché américain. Le conseiller de la Maison-Blanche en matière de commerce Peter Navarro a déclaré à l'émission «Fox and Friends», lundi, qu'il n'y a « virtuellement aucun coût ici ».

« Si vous imposez un tarif de 10 pour cent sur l'aluminium, c'est un cent et demi sur un emballage de six bières et c'est 25 000 $ US sur un (Boeing777) de 330 millions $ US », a-t-il avancé.

Des comparaisons semblables ont été faites au cours du week-end à différentes émissions d'affaires publiques par M. Navarro et le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

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