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Évasion: la prison était au courant de l'existence d'un possible complot

Publié par La Presse Canadienne le lundi 16 juin 2014 à 16h18.
Évasion: la prison était au courant de l'existence d'un possible complot

MONTRÉAL - Les autorités de la prison d'Orsainville avaient été informées de l'existence d'un «possible complot d'évasion» entre les trois détenus qui ont pris la poudre d'escampette en hélicoptère le 7 juin dernier, confirme une décision du juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec.

Leur classement dans un secteur restrictif de l'établissement avec une cote de sécurité S5 découlait de renseignements en provenance de la Sûreté du Québec (SQ), constate-t-on en parcourant la décision du 24 mars dernier, qui était frappée d'une ordonnance de non-publication complète avant lundi.

«C'est à partir de ces renseignements de la Sûreté du Québec que les autorités de l'établissement de détention de Québec (EDQ) ont mis en place les mesures préventives que l'on connaît pour mieux encadrer et dissuader les requérants de toute action inappropriée, soit en définitive pour des motifs de sécurité», peut-on lire dans le document.

Les trois détenus s'étaient adressés au tribunal pour se plaindre du sort qui leur avait été réservé. Ils demandaient au juge Dionne d'ordonner à l'établissement de les transférer dans un autre secteur, afin «d'avoir le droit à une défense pleine et entière».

Comme on l'a appris jeudi dernier, alors que le magistrat avait partiellement levé l'interdit de publication pour cette décision, le tribunal n'a toutefois pas ordonné la baisse de la cote de sécurité des prisonniers ou ordonné de transfert dans un secteur moins sécurisé.

«Tel qu'il a été expliqué aux requérants (...), les personnes incarcérées de ce département ont l'obligation d'adopter des comportements adéquats dans le but d'avoir l'opportunité de réintégrer un département régulier», a écrit le juge Dionne dans sa décision.

Les mesures de sécurité associées à la cote de sécurité S5 sont entre autres les menottes, un bloc couvre-menottes, une chaîne aux chevilles et une chaîne de relais.

Serge Pomerleau, 49 ans, Yves Denis, 35 ans, et Denis Lefebvre, 53 ans, font partie des criminels les plus recherchés par Interpol. Au cours des dernières heures, l'organisation internationale de police a fait passer son niveau d'alerte d'orange à rouge dans l'espoir de leur mettre la main au collet.

La triple évasion est survenue le samedi 7 juin, en soirée. Un hélicoptère de couleur verte s'est posé dans une des cours de l'établissement carcéral et a rapidement décollé en direction ouest.

Les trois hommes, liés aux Hells Angels, étaient en attente d'un procès pour meurtre. Ils avaient été arrêtés en 2010 en lien avec l'Opération Écrevisse, qui avait permis de démanteler un réseau de stupéfiants en Abitibi-Témiscamingue.

Le gouvernement a annoncé jeudi dernier l'ouverture d'une enquête administrative sur les circonstances entourant cette spectaculaire évasion.

Pilotée par l'ancien sous-ministre Michel Bouchard, celle-ci a également le mandat de se pencher sur les mesures mises en place par le ministère de la Sécurité publique à la suite d'une autre évasion héliportée, celle survenue à la prison de Saint-Jérôme en mars 2013.

Les conditions de détention en lien avec l'attribution de la cote de sécurité, le rôle des intervenants susceptibles d'influencer l'évaluation des cotes de sécurité, les communications entre la Sûreté du Québec et les autorités carcérales lorsqu'un complot d'évasion est suspecté seront aussi scrutés dans le cadre de cette investigation.

Le ministère de la Sécurité publique n'a pas voulu commenter les informations contenues dans la décision du juge Dionne, lundi, plaidant que l'enquête administrative ferait la lumière sur cet événement.

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