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Restaurants: Québec veut la fin du moratoire sur l'embauche d'étrangers

Publié par La Presse Canadienne le dimanche 11 mai 2014 à 16h03.

MONTRÉAL - Le gouvernement du Québec demande à Ottawa de lever l'interdiction sur l'embauche des travailleurs étrangers temporaires dans le secteur de la restauration — du moins pour la province.

La ministre québécoise de l'Immigration Kathleen Weil doit rencontrer lundi son homologue fédéral Chris Alexander.

Dave McMahon, un porte-parole de la ministre, indique que celle-ci réclamera pour le Québec une exemption du moratoire. «Nous sommes un peu inquiets de l'impact du moratoire sur nos restaurants et nos petites et moyennes entreprises, a-t-il à La Presse Canadienne. Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement fédéral pour renforcer les règles du programme, si nécessaire.»

Mme Weil prévoit également présenter les mêmes arguments au ministre fédéral de l'Emploi Jason Kenney, qui supervise le programme de travailleurs étrangers temporaires, a poursuivi M. McMahon. Selon une porte-parole du ministre Kenney, toutefois, une levée de l'embargo n'est pas prévue pour l'instant. «Les abus du programme de travailleurs étrangers temporaires ne seront pas tolérés», a souligné par courriel Alexandra Fortier.

«Les allégations d'abus continueront de faire l'objet d'enquêtes, et tous les employeurs pris en faute se verront imposer de lourdes conséquences.»

Ottawa a annoncé le moratoire à la fin du mois dernier, après une série de reportages rapportant que le programme était utilisé à tort par le secteur de la restauration.

Au total, le programme est passé de 100 000 embauches en 2002 à autant que 338 000 employés travaillant aujourd'hui d'un océan à l'autre. L'an dernier seulement, Ottawa a donné le feu vert à l'embauche de près de 240 000 de ces travailleurs.

La décision a été vertement critiquée par des groupes du secteur. L'Association des restaurateurs du Québec l'a qualifiée d'«exagérée et de déraisonnable».

Au dire de M. McMahon, aucun abus n'a été signalé au Québec, «et plus spécifiquement dans le secteur de la restauration».

À Ottawa, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de travail, Alexandre Boulerice, a reconnu que le programme était essentiel, mais que des modifications devaient y être apportées. Il a expliqué que sa formation souhaite que le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, puisse effectuer sa propre révision en gardant en tête trois facteurs-clés.

«On ne pourra pas s'en passer, on le sait; on doit aussi bien traiter les travailleurs étrangers, et si on en a besoin sur une base permanente, ceux-ci devraient obtenir leur citoyenneté et des droits.»

«Enfin, on doit arrêter les abus: ce programme devait venir combler les manques de main-d'oeuvre de façon temporaire pour des domaines d'emploi très spécifique, et nous voyons maintenant que beaucoup de compagnies ont abusé du système.»

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