L'armée française cible les bases islamistes dans le nord du Mali
PARIS - L'armée de l'air française a frappé, dans la nuit de dimanche à lundi, des dépôts de carburant et des bases utilisés par les militants islamistes dans le nord du Mali.
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré lundi à la radio France-Inter que des frappes aériennes ont été menées dans la région de Kidal, près de la frontière avec l'Algérie, pour une deuxième nuit de suite.
Des avions de combat Mirage et Rafale ont également bombardé, pendant la fin de semaine, des camps d'entraînement ainsi que des dépôts d'armes et de carburant au nord de Kidal et dans la région de Tessalit.
L'armée française prévoit sortir de Tombouctou dès jeudi. Les soldats ont repris la ville la semaine dernière, après la fuite des islamistes, et devraient maintenant se diriger vers la ville stratégique de Gao, dans le nord-est du Mali. Ils seront remplacés par un contingent plus modeste de militaires français.
Lundi, des blindés français patrouillaient toujours les rues de Tombouctou pendant que des soldats maliens fraîchement arrivés s'apprêtaient à prendre la relève.
Les rebelles semblent maintenant vouloir adopter des tactiques de guérilla. Quatre soldats maliens et deux civils ont été tués par des mines antipersonnel dans le nord du pays au cours des derniers jours. L'armée française a repéré deux autres mines dans la région et en a détruit une lundi.
À Paris, le vice-président américain Joe Biden a profité d'une rencontre avec le président François Hollande pour vanter l'intervention française au Mali.
«Nous applaudissons votre rapidité d'action et les capacités des forces françaises, a-t-il dit. Votre intervention décisive sert les intérêts non seulement de la France, mais aussi ceux des États-Unis et de tous. Nous sommes d'accord qu'il faut, aussi rapidement que possible, mettre en place une mission africaine au Mali et ensuite transférer cette mission, prudemment et rapidement, aux Nations Unies.»
Dans le nord du Mali, le coût des aliments et du carburant a explosé en raison du conflit, a prévenu lundi l'organisation humanitaire Oxfam. Plusieurs commerçants arabes et touaregs ont fui la région quand les forces françaises ont débuté leur offensive et ne sont toujours pas de retour par craintes de représailles.
«Si les commerçants ne reviennent pas bientôt et que l'approvisionnement du Mali demeure aussi modeste qu'il l'est actuellement, alors il est probable que les marchés resteront mal ravitaillés et les prix aussi élevés qu'ils le sont actuellement», a dit le directeur d'Oxfam au Mali, Philippe Conraud.







