Bombardier.com
MONTRÉAL - Bombardier est près de s'entendre avec le gouvernement fédéral au sujet d'une aide financière, même si le géant du transport a prédit jeudi que ses bénéfices afficheraient une solide croissance l'an prochain et qu'il aurait assez d'argent pour compléter son plan de redressement.

«Je crois que nous réalisons de bons progrès», a affirmé jeudi le chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, lors d'un entretien depuis New York.

Au cours d'une conférence de trois heures destinée aux investisseurs, M. Bellemare a estimé que la demande d'une aide financière d'un milliard de dollars faite il y a plus d'un an à Ottawa procurerait à l'entreprise une flexibilité financière accrue. Celle-ci permettrait de s'ajuster à certains risques inattendus ou de développer un nouvel avion d'affaires ou commercial.

Bombardier (TSX:BBD.B) a surmonté les difficultés financières qui se sont présentées à elle pendant le développement du plus grand avion de son histoire. Les appareils de la CSeries sont entrés en service cette année, après des années de retards et de dépassements de coûts.

«Notre situation a aussi changé, ce qui explique en partie pourquoi il a fallu un peu plus de temps, mais je crois que (le gouvernement) offre un bon soutien, qu'il cherche des solutions et que nous voulons une solution avec laquelle tout le monde trouve son compte», a expliqué M. Bellemare.

Malgré certaines critiques publiques au sujet d'un nouvel appui gouvernemental à la société montréalaise, M. Bellemare a souligné que tous ses concurrents étaient soutenus soit directement dans le développement de nouveaux produits ou indirectement grâce à des fonds pour le développement technologique ou à des dépenses en défense.

«Le but du jeu est de trouver comment utiliser le potentiel intellectuel que nous avons au Canada pour construire des produits au Canada», a-t-il fait valoir.

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a dit espérer pouvoir faire une annonce à ce sujet avant le prochain budget.

«Nous travaillons de façon très productive avec Bombardier», a-t-il indiqué aux journalistes. «Notre gouvernement comprend dans quelle mesure l'industrie aéronautique est importante pour l'ensemble du pays, et pas seulement pour le Québec.»

Maintenant que Bombardier se concentre sur l'atteinte du seuil de la rentabilité de la production des avions de la CSeries d'ici 2020, M. Bellemare a indiqué ne pas avoir encore décidé si le prochain programme d'avion de la société serait un grand jet d'affaires ou une version allongée de la CSeries, de plus de 160 sièges.

Bombardier s'attend à avoir livré un total de sept appareils de la CSeries en 2016, en raison de problèmes de fourniture de moteurs. Le fabricant croit être en mesure d'en livrer entre 30 et 35 l'an prochain, pour atteindre une cadence de 90 à 120 avions en 2020, avec des revenus de 3 milliards $ US attribuables à la CSeries.

La société s'attend à livrer 135 avions d'affaires l'an prochain, ainsi que 85 avions commerciaux, soit moins que ne le prévoyaient certains analystes.

M. Bellemare, qui dirige l'entreprise depuis maintenant près de deux ans, a annoncé cette année deux vagues de coupes d'emplois, éliminant un total de 14 500 employés et réduisant le risque financier de Bombardier.

«Nous avons fait d'énormes progrès en 2016», a expliqué M. Bellemare aux analystes. «Notre plan de redressement est en plein élan.»

L'objectif est de générer plus de 1,75 milliard $ US en bénéfice avant impôts d'ici 2020, en partie grâce à la rationalisation des activités, tout en augmentant les revenus à 25 milliards $ US. En comparaison, Bombardier prévoit un chiffre d'affaires de 16,5 milliards $ pour l'exercice 2016.

En 2017, les revenus consolidés devraient croître d'un à trois pour cent, et l'utilisation des flux de trésorerie devrait s'améliorer et s'établir entre 750 millions $ US et 1 milliard $ US.

Les profits avant intérêt et impôts devraient atteindre entre 530 millions $ US et 630 millions $ US, ce qui représente une amélioration d'environ 50 pour cent d'une année à l'autre, si on considère le point milieu de cette fourchette.

L'action de Bombardier a avancé jeudi de 4 cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 1,95 $.