Albert II, prince de Monaco (Wikimedia Commons)
QUÉBEC - Le premier ministre Philippe Couillard a été irrité par l'accueil réservé à un de ses invités mardi: le prince Albert II de Monaco a été chahuté par les juristes de l'État en grève.

Son altesse a dû traverser par deux fois une manifestation bruyante à l'extérieur de l'édifice Honoré-Mercier à Québec, manifestation que le premier ministre a condamnée.

Le prince Albert était en visite officielle dans la Vieille-Capitale pour participer à une conférence internationale sur l'Arctique. Mardi matin, M. Couillard le recevait pour un entretien au ministère du Conseil exécutif, un lieu où les juristes en conflit de travail se réunissent depuis plusieurs semaines pour manifester.

Les protestataires ont accueilli le chef d'État à son arrivée à l'extérieur du bâtiment avec un concert de trompettes et de cris et, à l'intérieur, M. Couillard lui a promptement présenté ses excuses, devant la presse, avant de l'inviter dans son bureau pour la rencontre bilatérale.

De surcroît, les constables spéciaux, qui assurent la sécurité au ministère, exercent aussi des moyens de pression actuellement et étaient vêtus d'un treillis multicolore de camouflage et d'un t-shirt.

Au cours de la conférence de presse qui a suivi l'entretien, dans le hall d'Honoré-Mercier, le premier ministre s'est désolé du tapage des employés juristes du gouvernement.

«Je trouve regrettable d'exposer un dignitaire étranger à ce genre de manifestation bruyante, a-t-il déclaré. Je ne crois pas que ça aide la cause de qui que ce soit, mais cela fait partie de ce qu'est une société démocratique, une société où la liberté d'expression est acquise.»

Après la conférence de presse, le prince Albert a dû de nouveau faire face au bruyant attroupement.

Philippe Couillard a réaffirmé son espoir d'en arriver à une entente avec le syndicat des juristes avant le temps des fêtes, même si une rencontre de négociations lundi n'a pas permis d'en arriver à un règlement.

«Je vais m'assurer qu'on poursuive avec un esprit constructif à la table», a-t-il dit, tout en rappelant deux principes fondamentaux de la partie patronale: l'équité par rapport aux autres employés de l'État qui ont déjà une entente; et par ailleurs, pas question de confier à des tiers les politiques de rémunération du gouvernement, en réponse à la revendication des juristes qui veulent la mise en place d'une instance d'arbitrage.

Philippe Couillard et le prince Albert étaient aussi réunis pour la signature d'une entente de partenariat. Le Québec a ratifié une convention-cadre avec la Fondation Prince Albert II de Monaco, qui vise à intensifier les projets de coopération sur le territoire du Plan Nord.