La nouvelle chef du Bloc québécois, Martine Ouellet/Photo: archives PC
(98,5 FM) - Martine Ouellet a été couronnée samedi comme chef du Bloc québécois, dans le cadre d'un rassemblement à Montréal. Selon le nouveau venu chez Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, Martine Ouellet devrait choisir entre son travail de député à Québec et ses nouvelles responsabilités de chef de parti à Ottawa.

L'ex-députée péquiste devenue indépendante entend parallèlement conserver son poste à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de son mandat, en octobre 2018, avant de porter les couleurs du Bloc québécois lors des prochaines élections fédérales de 2019. Cette décision semble agacer une partie des élus politiques, à commencer par le premier ministre Philippe Couillard, qui a affirmé que son choix «n’a pas d’allure.»

«Je partage le malaise de beaucoup de gens sur cette histoire de double mandat, a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois sur nos ondes, dimanche matin. Je n’ai jamais été député. C’est un travail que je vais apprendre dans les prochains mois [s’il est élu dans circonscription de Gouin, bien entendu]. C’est un travail sérieux et à temps plein. Je vois mal comment on peut s’acquitter de ces deux tâches [député à l’Assemblée nationale et chef du Bloc québécois] en même temps. C’est beaucoup.»

«Ceci dit, c’est une décision qui appartient aux citoyens de Vachon ainsi qu’aux membres du Bloc québécois, qui mériteraient d’avoir un chef à temps plein.»

C’est à ce moment que l’animateur de l’émission Week-end Extra, Mathieu Beaumont, lui a fait remarquer que les citoyens de Vachon n’avaient pratiquement aucun moyen concret de s’opposer la décision de Martine Ouellet.

«Vous avez bien raison, a répondu Nadeau-Dubois. C’est un bel exemple de l’une des limites de notre système démocratique. Une fois que les députés sont élus, il y a une absence de contrôle démocratique. Je crois que ça prend une réforme pour changer ça. Ailleurs dans le monde, il existe par exemple des mécanismes de révocation des élus. Si des citoyens croient qu’un élu ne les représente pas bien ou plus, certains mécanismes permettent de déclencher un référendum de révocation.»

Dans la foulée, Gabriel Nadeau-Dubois a tenu à préciser qu’il ne recommandait pas le départ de Martine Ouellet à l’Assemblée nationale. «Je ne dis pas qu’on devrait révoquer Martine Ouellet. De manière plus générale, on voit qu’on [les électeurs] ne se prononce pas assez souvent sur le Québec.»

Rappelons que Mme Ouellet a été élue par acclamation, le seul autre candidat potentiel, Félix Pinel, s'étant désisté lundi, faute d'avoir obtenu les appuis nécessaires pour remplir les conditions de candidature.

Le président du caucus bloquiste, le député Louis Plamondon ne voit aucun inconvénient à ce que Martine Ouellet demeure députée à Québec. Selon M. Plamondon, elle «respecte le code d'éthique». Samedi, il s’est dit «capable de vivre avec ça, même si certaines personnes sont agacées par la situation».

Quant à Gabriel Nadeau-Dubois, il briguera l'investiture de Québec solidaire dans la circonscription de Gouin, laissée vacante par la retraite de Françoise David.

»»» Veuillez écouter l'intégralité de l'entrevue accordée par Gabriel Nadeau-Dubois en cliquant sur l'extrait sonoire ci-haut.

(Avec La Presse canadienne)