Cogeco Nouvelles
(98,5 FM) - Le ministère des Transports et la Sûreté du Québec sont sévèrement blâmés pour le cafouillage de l'autoroute 13 lors de la tempête de neige de mars dernier.

Les 14 et 15 mars derniers, près de 300 automobilistes sont restés coincés pendant 12 heures sur l'autoroute 13 en pleine tempête de neige.

À la suite de ce cafouillage, le gouvernement de Philippe Couillard a exigé qu’une enquête externe soit effectuée afin de comprendre pourquoi un tel incident ait pu se produire alors même que cette tempête était annoncée depuis plusieurs jours.

28 recommandations, aucun blâme

Rédigé par Florent Gagné, ancien sous-ministre des Transports et ex-patron de la Sûreté du Québec, le rapport intitulé «Mieux vivre l’hiver» qui contient 28 recommandations a été déposé vendredi matin lors d’une conférence de presse.

Selon M. Gagné, la communication entre le MTQ et la SQ a été dramatiquement déficiente.

«L’information n’a pas circulé tant horizontalement que verticalement. D’abord le Centre de gestion intégrée de la circulation du ministère des Transports, qui est installé à Montréal avec tout un ensemble de caméras sur le réseau, n’a pas su ramasser assez rapidement tout ce qui se passait sur le réseau», a-t-il dit en entrevue avec Benoit Dutrizac.

Il fait également un constat d’échec quant au processus d'alerte et de mobilisation.

«Le système de vigie et d’alerte du ministère de Transport vers les autorités supérieures n’a pas été enclenché et s’il l’a été, il l’a été très tard, dans la nuit de façon incomplète.»

Selon l’ancien patron de la SQ, c’est tout à fait inacceptable comme situation.

«C’est une situation qui n’est pas normale et elle doit amener des correctifs au sein du ministère et au sein de la Sûreté. Ce n’est pas normal que les ministres (Transport et Sécurité publique) n’aient pas été avertis. Pas plus que les sous-ministres et les sous-ministres associés. Il faut absolument revoir cette façon de procéder», a-t-il affirmé.

D’ailleurs, durant son mandat, il a rencontré les grands patrons des différentes instances et il assure que ces derniers sont soucieux d’apporter les correctifs nécessaires. Il a bon espoir que son rapport et ses recommandations ne seront pas tablettés.

Facteur humain

M. Gagné indique que les procédures à suivre dans de pareilles circonstances existent, elles sont contenues dans divers documents volumineux, mais c’est l’aspect humain qui doit être travaillé.

«Quand on arrive dans la situation réelle, ce sont des êtres humains qui sont au bâton. Et on n’a pas assez travaillé cette dimension… qu’il y ait des réunions pour que les gens puissent se connaître, pour qu’ils puissent en cas d’alerte, se parler très rapidement au téléphone et non pas par texto comme ça s’est fait.»

Par ailleurs, dans ce rapport, M. Gagné n’identifie pas proprement dit les personnes responsables de ce cafouillage. Dans les jours qui ont suivi la tempête, les médias ont rapporté que l’officier de la SQ en fonction à ce moment, Michel Lapointe, avait quitté son poste pour un rendez-vous chez le notaire durant ses heures de travail. M. Gagné a rappelé que cet officier faisait l’objet d’une enquête disciplinaire à l’interne et qu’il ne voulait pas s’immiscer dans cet exercice.

«Je préfère avoir une approche de système afin de chercher les causes profondes de ce qui est arrivé au-delà des personnes pour amener les correctifs appropriés. S’il y a des gens qui n’ont pas fait leur travail ce soir-là, il faut absolument que ces gens soient rencontrés et que des sanctions appropriées leur soient données s’il y a lieu. Mais ce n’est pas à moi à faire ça dans le cadre d’une enquête administrative.