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(98,5 FM) - L'ancienne ministre libérale, Marguerite Blais, met de la pression sur le gouvernement du Québec pour que la loi oblige les intervenants à dénoncer l'abus fait aux aînés.

Plus de deux ans après sa retraite de l'Assemblée nationale, elle se demande pourquoi le projet de loi qu'elle avait présenté en 2013 est amputé du grand principe de dénonciation dans celui à l'étude aujourd’hui.

À l’émission de Benoît Dutrizac au 98,5 fm, lundi, Marguerite Blais a réitéré que la loi donne beaucoup plus de pouvoir dans la lutte contre les abus faits aux aînés. D'après elle, les employés des centres d'hébergement devraient être tenus de signaler les cas de maltraitance dont ils sont témoins. Or, gouvernement actuel ne veut plus inclure cette disposition dans son projet de loi 115.

«Quand j’étais dans l’opposition, nous avions déposé le projet de loi 399 pour enrayer la maltraitance chez les personnes vulnérables en institution. Dans ce projet de loi, il y avait notamment le devoir de signaler obligatoirement la maltraitance. Il prévoyait aussi des amendes. À la sortie du projet de loi, les groupes de défenses des droits des aînés étaient majoritairement d’accord avec le fait qu’on doive signaler des abus faits auprès des personnes âgées vulnérables.»

Aujourd’hui, Mme Blais est très préoccupée par le changement de cap du gouvernement Couillard en ce qui concerne l’obligation de dénoncer la maltraitance. C’est ce qui agace profondément Marguerite Blais, entre autres choses, dans le nouveau projet de loi 115. Elle a rappelé que le projet de loi antérieur (399) avait fini par faire l'unanimité au sein des députés.

«C’est notre devoir de protéger les plus vulnérables de notre société. Je ne veux plus faire de politique, mais ça ne fait aucun sens de revenir sur un projet de loi pour lequel l’ensemble des députés ont dit oui [auparavant].»

Marguerite Blais joint donc sa voix à celle de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour demander que le projet de loi 115, actuellement à l'étude à l'Assemblée nationale, soit poussé plus loin.

«Je ne m’associe pas avec François Legault parce qu’il est à la CAQ (Coalition avenir Québec). À l’Assemblée nationale, il se lève haut et fort pour défendre les aînés et les personnes vulnérables dans la société. On étudie présentement le projet de loi 115.»

L'Ontario, la Nouvelle-Écosse et l'Alberta ont adopté des lois rigoureuses pour protéger leurs aînés.

Selon le député caquiste François Paradis, qui est aussi très impliqué dans la bataille contre la maltraitance commise auprès des aînés, certains groupes s’opposent au signalement obligatoire de celle-ci, comme des organisations professionnelles et des regroupements de syndicats.

Marguerite Blais a été ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l'intimidation sous le gouvernement Charest, de 2007 à 2012. Elle présentement conseillère spéciale chez la firme de relations publiques Octane Stratégies.

»»» Veuillez écouter les deux entrevues accordées par Marguerite Blais et François Paradis. Il faut seulement cliquer sur l’extrait sonore ci-haut.